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Le Chien Lumière: revue numéro 5



Le mot du Président




Pour commencer, permettez-moi de vous dire quelques mots à propos du merveilleux chien guide : c'est un compagnon idéal qui apporte une présence amicale vivante, exprimant de la bonté tout en procurant de l'autonomie, donc une certaine indépendance... liste non exhaustive certes, mais c'est un compagnon qui, en un mot, apporte du bonheur. Concevoir ce chien merveilleux tiendrait d'une utopie. Il faut toujours rêver, même à des choses quasi impossibles, avant de procéder à leur réalisation.
C'est vrai qu'il a fallu quelques décennies, au moins, pour arriver à produire des systèmes éducatifs pour les chiens et tout autant des éducateurs. Des éducateurs pour chiens guides, il n'y en a pas à vendre dans les grandes surfaces... Disons, en passant, qu'un de nos excellents éducateurs formés par notre École inculquera toute sa "science" au futur chien guide, pendant plusieurs mois, avant que celui-ci ne puisse être confié au futur "bénéficiaire" de sa technicité et de son initiative. Ces quelques mots n'ont pas la prétention de tout résumer. En tout cas, ils permettent d'évaluer la dimension des MOYENS non négligeables que la mise en oeuvre de ce programme devrait requérir.

Pour vous en donner une idée, voici quelques éléments :
  • ordre de grandeur du budget annuel de l'École de Chiens Guides pour Aveugles et Malvoyants de Paris et de la Région Parisienne, administré et géré avec une parcimonie attentive : 1,3 million d'euros. Normalement, afin de pouvoir améliorer notre système et surtout raccourcir les délais d'attente de la remise des chiens guides aux candidats, il nous en faudrait le double !
  • 70 % de ce budget est consacré à l'éducation des chiens.
  • le reste - trop peu - est attribué à faire connaître le concept du chien guide, tant auprès du public que du monde des aveugles et des malvoyants, à assurer la maintenance en bon état des lieux qui nous sont offerts par la Ville de Paris, à la recherche et à la collaboration bienheureuse et gracieuse des familles d'accueil qui nous soutiennent de façon exceptionnelle, à l'entretien médical et vétérinaire des chiens pendant toute leur existence, chiens confiés ensuite gracieusement à nos candidats, aux déplacements indispensables à toutes nos activités, en particulier, pour les séances d'éducation tenues dans tous les lieux requis par les obligations diverses des candidats...
L'École a été créée grâce à la Ville de Paris qui nous alloue tous les ans une subvention. Comme la CRAMIF (Caisse Régionale d'Assurance Maladie d'Île-de-France), mais ces deux soutiens de base sont, hélas, loin de couvrir notre budget. Vous pouvez vous imaginer à quel point nous sommes en train de nous ronger les ongles !

Heureusement, nous pouvons également compter sur toutes les personnes qui considèrent aussi que la solidarité - envers les handicapés visuels - n'est pas seulement un mot dans le dictionnaire de l'Académie et qu'il faut mettre la main à la "patte" pour former ces merveilleux chiens guides.

Je ne peux que conclure par un immense merci à vous tous, qui avez bien voulu me lire et penser à nous et à notre Ecole pour Chiens Guides.

Dr Michel Klein, vétérinaire

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La Fête du Chien Lumière : une première mondiale !




Un soir d'hiver 2001, Joachim Romero, le Directeur de notre École de chiens guides pour aveugles, avait posé des colliers phosphorescents aux chiens à l'entraînement de nuit dans le quartier de la Villette. Des enfants les ayant aperçus, s'exclamèrent : "Maman, regarde : des chiens lumière !".

Cette expression a fait "tilt" dans nos esprits. En y réfléchissant, nous avons décidé de créer la "Fête du Chien Lumière". Pourquoi ? Parce que le solstice d'hiver est la nuit la plus longue de l'année. Or, pour les aveugles, le "solstice d'hiver" est permanent. On peut dire qu'un chien guide est, symboliquement, une lumière pour un aveugle. On peut aussi émettre l'idée que le solstice d'hiver puisse devenir "La Fête du Chien Lumière" autrement dit, "La Fête du Chien Guide pour Aveugles".

En 2001, le solstice d'hiver tombait le samedi 22 Décembre, 3 jours avant Noël. Nous avons eu de la chance : la météo nous avait gâtés avec un temps sec ensoleillé, frais mais agréable.
Vous vous souvenez, je l'espère, du Chien Lumière étalé sur la pelouse du Champ-de-Mars au pied de la Tour Eiffel, configuré par plus de 200 spots - un générateur de 40 tonnes fournissant l'électricité - et par autant de déficients visuels accompagnés de leur chien guide.
Ce fut une première mondiale diffusée en direct aux journaux de 19 heures sur France 3 et de 20 heures sur France 2. Nous avions conçu des bougies représentant un chien guide et proposé aux personnes qui voulaient bien soutenir notre action, d'éteindre l'électricité pendant quelques minutes et d'éclairer avec des bougies. Dans toutes les régions où sont installées des écoles de chiens guides, se sont déroulées des manifestations similaires.
Tous les aveugles ou malvoyants avec leurs chiens guides, ainsi que les amis participants, se rendirent ensuite à l'Hôtel de Ville où une réception digne de cet événement nous attendait. Un grand nombre de gamelles attendaient aussi nos chiens qui se sont comportés en parfaits "gentledogs", propres, discrets, bien élevés, selon leurs habitudes, disons chroniques. L'organisation de cet événement fut assez complexe et difficile à réaliser : c'est pourquoi, nous avons attendu 2003 pour recommencer.

Un Chien Lumière debout
La liste des événements prévus dans l'agenda de la Ville de Paris nous obligea d'accepter la date du 27 Septembre 2003. Cette date ne correspondait plus à notre solstice d'hiver symbolique. Néanmoins, elle offrait moins d'aléas que la veille de Noël, lorsque les préoccupations générales sont axées dans le sens des festivités de fin d'année. Par contre, fin Septembre il ne fait pas assez sombre à l'heure où nous souhaitions réaliser notre "Chien Lumière", cette fois-ci debout.
Suites aux dégâts causés par la canicule de l'été 2003, on nous fit déménager à l'autre extrémité du Champ-de-Mars, à l'Espace Joffre, face à l'Ecole Militaire. Au départ, cela contrariait nos plans mais, en fin de compte, cet emplacement s'avéra plus propice car nous avions ainsi la Tour Eiffel dans la perspective. La construction du ponton de 30 mètres d'envergure et de 10 de haut était plus facile à réaliser. Il fallait 54 marches pou y monter et autant pour redescendre.
Entre les deux escaliers, et sous le ponton, avait été tendue une toile métallique spéciale afin de pouvoir y projeter des images. Un grand chien lumineux y fut réalisé avec un système de tubulures, pendant que des vues des différents pays de l'Union Européenne y étaient projetées à l'arrivée des délégations de chaque pays, la Suisse et la Croatie en plus, venant accrocher leur drapeau avec la musique de chaque hymne national correspondant.
Nous avions accueilli les délégués à mi-journée à la Mairie du XIIe, avenue Daumesnil, en présence de madame Michèle Blumenthal, Députée-Maire de cet arrondissement, accompagnée de monsieur Tempion, premier Adjoint, de monsieur Kenneth Rosenthal, Président de la Fédération Internationale des Ecoles de Chien Guides (voir encadré), venu des Etats-Unis spécialement pour cette Fête du Chien Lumière et de monsieur Hamou Bouakkaz, attaché au Cabinet du Maire de Paris.

Chiens en chocolat et chants gospels
Après un cocktail qui permettait de renouveler les forces, les délégués partirent vers leurs ambassades respectives afin de quérir les drapeaux et les ramener au Champ-de-Mars en fin d'après-midi. Nos équipes d'éducateurs présentèrent alors des démonstrations de nos chiens pour les visiteurs présents.
Un groupe de représentants éminents de la Fédération des Pâtissiers de Paris Île-de-France, exposa, sous une tente, Nora le Chien Guide en chocolats noir, blanc et au lait, réalisé pour cette occasion, ainsi que pour le Salon du Chocolat qui s'est tenu au Tuileries le mois suivant.
Puis vint la cérémonie des drapeaux accrochés tout autour du ponton, qui parut certes un peu longue à tous, ce qui est parfaitement normal car il fallait rendre hommage à tous nos amis qui ont bien voulu se déranger de loin pour participer et fêter nos chiens bien méritants qui nous apportent un bonheur certain et une aide à vivre inestimable.
On passa ensuite au spectacle Son et Lumières. Nadine et Sophie, jeunes musiciennes élèves de l'atelier de chant d'Evelyne Fischer à l'Institut National des Jeunes Aveugles, nous ont donné un grand moment d'émotion avec leur voix et leurs chansons. Le summum de notre soirée fut le concert exceptionnel de chants gospels que les Compagnons de l'Arche du Pasteur Fischer et son orchestre nous ont offert. Madame Evelyne Fisher a interprété la plupart des chansons et n'a pas hésité à monter les 54 marches en chantant, pour finir en haut du ponton en faisant vibrer tout le monde. L'émotion et la satisfaction du public étaient au zénith. Je veux leur témoigner, en notre nom à tous, notre admiration ainsi que notre reconnaissance pour cette magnifique prestation dont ils nous ont régalés.

Remerciements
Je saisis cette opportunité pour exprimer notre gratitude à tous ceux qui nous ont aidés à la réalisation de cette journée mémorable, sans ménager leur temps ni leurs efforts, parfois relativement intenses : je veux nommer Bénédicte de la Bollardière, Alix Duplessis, Olivier Bénard, Sylvain Etienne et Dominique Lemaître. Il me faudrait plusieurs pages pour énumérer tout ce qu'ils ont pu faire pour la réussite de nos projets. Encore mille fois merci et bravo pour leur efficacité.
Pour conclure, mes remerciements et mes félicitations à Joachim Romero, notre "pilier, avant-centre", à nos éducateurs, à nos amis maîtres de chiens guides qui nous ont assistés, ainsi qu'à nos familles d'accueil qui nous aident en permanence et auxquelles va notre reconnaissance.

Docteur Michel KLEIN
Vétérinaire

Le message de Kenneth Rosenthal
Président de la Fédération Internationale des Ecoles de Chiens Guides

"C'est un privilège de venir d'Amérique et d'être parmi vous pour la célébration de la Fête du Chien Lumière. Paris est connu dans le monde comme La Ville Lumière : je constate donc que l'Ecole de chiens guides pour aveugles de Paris est bien à la hauteur de la réputation de la capitale française. L'initiative et la réalisation de ce très grand chien lumineux est une superbe promotion pour notre oeuvre.
Je suis Président de la Fédération Internationale des Chiens Guides, organisation de 60 écoles pour chiens guides dans le Monde, dont onze en France sous l'égide de la Fédération française. Nous faisons partie d'une longue tradition de service et de soutien pour les personnes atteintes de cécité : cette année, nous célébrons, en effet, le 75e anniversaire du mouvement moderne du chien guide. Nous disons toujours que le chien guide sert de lumière pour la personne aveugle, mais en vérité c'est bien plus que cela : un chien bien éduqué offre, à la personne aveugle, indépendance, dignité et confiance en soi, ce à quoi tout le monde a droit. Au cours de l'histoire du chien guide, les écoles françaises ont contribué d'une façon significative au bien-être et à la mobilité des aveugles, non seulement en France mais aussi en Europe et dans le Monde. En France, vous êtes reconnus pour la qualité excellente de vos chiens guides et pour l'assistance que vous offrez aux aveugles. Vous servez de modèle pour nous tous qui aspirons à devenir aussi bons que possible.
Au nom des responsables et du personnel de mon Ecole et aussi au nom de tous ceux qui participent au mouvement international moderne du chien guide, je souhaite les meilleurs voeux de réussite à la célébration de la Fête du Chien Lumière en France. Je suis enchanté d'être le porte-parole de vos collègues du monde entier et de vous apporter leur salutations et leur félicitations, pour le travail que vous effectuez en faveur des personnes aveugles.
Je vous remercie".
Kenneth ROSENTHAL

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Pour un réel accroissement de l'autonomie et de la sécurité des aveugles




L'assurance maladie a pour vocation première de rembourser les soins dont ont besoin ses assurés sociaux. Je regrette que le chien ne figure pas dans la liste des produits et prestations remboursés car si, comme chacun sait - et je fais partie de ceux qui l'apprécient au quotidien et dans mes activités au sein du monde cynophile -, le chien est le plus fidèle ami de l'homme, il apporte, outre sa fidélité et son dévouement, un compagnonnage affectif et une aide exceptionnelle aux personnes aveugles et malvoyantes.

Dès la fondation de la Sécurité Sociale en 1945, le législateur a institué une action sanitaire et sociale dont les fonds servent à apporter une aide complémentaire aux assurés sociaux en fonction de leurs situations et de leurs difficultés particulières. Dans le cadre de mes fonctions de Directeur Adjoint de la Caisse Régionale d'Assurance Maladie d'Île-de-France (CRAMIF), j'ai eu la très grande satisfaction de pouvoir faire accorder, dans le respect des textes en vigueur, une première subvention de fonctionnement à l'École de Chiens Guides pour Aveugles de Paris et de la Région Parisienne et ce soutien ne s'est jamais démenti depuis.
Cette aide financière permet de subvenir à l'achat, la nourriture et les soins donnés aux chiens, leur éducation et l'organisation de stages destinés aux aveugles et malvoyants pour la remise des chiens.
Je trouve extrêmement gratifiant, dans l'instruction d'un dossier que j'oserais qualifier de banalement administratif, de pouvoir ainsi permettre, concrètement, un réel accroissement de l'autonomie et de la sécurité des aveugles.
J'espère que l'École pourra développer son activité afin de pouvoir toujours offrir un plus grand nombre de chiens guides à ses assurés d'Île-de-France car je sais que les listes d'attente sont encore importantes et que la remise du chien constitue, à n'en pas douter, un temps fort dans l'existence des bénéficiaires.
Je profite de l'occasion qui m'est donnée par cet article pour remercier Yves Devaux - représentant des employeurs au sein du conseil d'administration de la CRAMIF et qui la représente auprès des instances de l'association - pour l'intérêt tout particulier qu'il porte à cette École et son dévouement par son implication dans des actions de terrain.

Jean-Claude POIRIER
Directeur Adjoint de la Caisse Régionale d'Assurance Maladie d'Île-de-France
(CRAMIF)

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Les chiens des pharaons




Avant de savoir domestiquer le chat, les Egyptiens de l'Antiquité apprivoisèrent le chien dont ils firent leur compagnon le plus proche. D'après l'iconographie des tombes, il s'agirait d'animaux proches du sloughi, du lévrier et du dogue, mais d'autres types de chiens plus trapus furent, par la suite, importés de contrées étrangères.
Les chiens furent vite appréciés dans l'Egypte pharaonique comme étant d'excellents gardiens des demeures, des palais et des troupeaux, d'indispensables auxiliaires pour la chasse. Ils étaient traditionnellement mis sous la surveillance de nains. Les fresques nous montrent les chiens proches de leur famille d'adoption, huchés sur des sièges, prenant leur nourriture dans les maisons, marchant en laisse ou chassant divers gibiers.

Anubis, dieu des morts
Les liens avec l'homme étaient si forts que les animaux partageaient souvent la sépulture de leurs maîtres. Nous n'avons hélas pu trouver aucune mention de chiens accompagnant des aveugles, mais rien ne permet de dire que certains chiens n'accomplissaient pas cette fonction en Egypte.
Etrangement, ce n'est pas le chien de compagnie, mais un chien noir sauvage du désert, parfois confondu avec un chacal, qui fut divinisé en Egypte sous le nom d'Anubis, dieu des morts. L'équivoque entre les deux espèces est entretenue par la représentation de la queue de l'animal, en massue gonflée à son milieu, qui est celle du chacal. Mais en y regardant de plus près, Anubis est représenté sous la forme d'un énorme chien noir à l'allure féroce, dont la taille dépasse de loin celle du chacal.

Protecteur des nécropoles
La tête d'Anubis est également celle d'un chien, l'un de ces immenses chiens noirs, non domesticables, proches du loup, dont on a retrouvé les momies et qui disparurent très tôt. Ces chiens rodaient en bandes là où ils pouvaient trouver de la nourriture, notamment dans les cimetières, dévorant les cadavres quand ils ne se jetaient pas sur les pilleurs de tombes.
Qui pouvait, mieux que ce chien nécrophage et dissuasif, incarner le protecteur des nécropoles, celui qui fait place nette dans l'au-delà et ouvre le chemin du défunt, le patron des embaumeurs, sinon cet animal qui savait, à sa manière, prendre "soin" des corps et être ainsi nommé le "grand ajusteur d'os" ? Ainsi naquit Anubis.

Robert de Laroche

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Les surfaces tactiles au sol



Pour la sécurité et l'autonomie des personnes déficientes visuelles
Les surfaces tactiles au sol sont implantées sur les cheminements piétonniers pour faciliter les déplacements des personnes aveugles et malvoyantes et, surtout, pour assurer leur sécurité. Ainsi les bandes d'éveil de vigilance, caractérisée par leurs dômes détectables à la canne et/ou au pied, sont posées sur les quais de métro et de trains, et sur les abaissés de trottoir associés aux passages piétons, pour alerter d'un danger et sur la nécessité d'analyser la situation rencontrée.

Test à l'École des chiens guides de Paris
Les personnes aveugles et malvoyantes, comme les ingénieurs des services techniques des villes, ont alerté le Ministère de l'Équipement quant aux problèmes posés par certaines implantations pouvant présenter des risques lors de traversées de rues. Le Ministère a mandaté le CERTU (Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques) pour préparer des recommandations et participer à la révision de la norme sur les bandes d'éveil (NF P98-351).
Le groupe de travail qui réunit tous les partenaires concernés, dont des représentants du CNPSAA (Comité national pour la promotion sociale des aveugles et amblyopes) et de l'AILDV (Association des instructeurs de locomotion pour déficients visuels), a réfléchi à des solutions possibles pour aider les personnes aveugles et malvoyantes à s'orienter pour la traversée, en particulier en cas d'abaissés de trottoirs en arrondi ou en cas de carrefours avec des rues obliques.
Des tests se sont avérés nécessaires et ont pu se dérouler sur le site de l'École des chiens guides de Paris grâce à l'accueil bienveillant de son directeur Joachim Romero et de son équipe, ainsi qu'à la coopération des fabricants Indasco et Prosign et du Laboratoire d'ergonomie informatique de l'université Paris V.
Trente-deux personnes ont accepté de donner de leur temps pour effectuer un parcours de détection et d'usage de quatre types de bandes d'orientation juxtaposées aux bandes d'éveil. L'observation par vidéo et le recueil de l'opinion des volontaires sont en cours d'analyse pour tirer les enseignements sur la possibilité de détecter les bandes d'orientation et de prendre l'orientation qu'elles sont censées fournir pour traverser.
Ces résultats seront exploités par le groupe de travail pour choisir la bande qui aura été la mieux notée, si elle existe. Des tests complémentaires pourraient alors être nécessaires avant de proposer aux aménageurs ces bandes d'orientation à implanter sur les abaissés de trottoirs qui posent problème. Si ce ne sont pas le chiens guides et leur maîtres qui ont le plus besoin de ces surfaces tactiles au sol au cours de leurs déplacements, la coopération avec l'École et avec les volontaires aura permis d'avancer dans la recherche de solutions à une meilleure sécurité des personnes aveugles et malvoyantes.

Quel est leur rôle ?
La révision de la norme NF P98-351 en cours, confirmera que les bandes podo-tactiles d'éveil de vigilance sont implantées uniquement pour avertir du danger de la situation (d'où le nom BEV : bande d'éveil de vigilance), à savoir au bord de quai ferroviaire ou de tramway, à l'abaissement du trottoir, au droit des traversées avec chaussée surélevée et, c'est nouveau, en haut d'escaliers sur la voie publique.
La norme précise que la pose doit être parallèle et à 50 centimètres du bord du trottoir, du quai et de la première marche de l'escalier.
La réflexion sur l'implantation pour des traversées en biais, ou lorsque la bordure du trottoir est en arrondi, a amené à dissocier le rôle d'alerte de danger au rôle directionnel. En effet, les ingénieurs des villes font face à plusieurs contraintes pour l'aménagement des carrefours et des traversées piétons avec des obligations de sécurité incontournables pour les dimensionnements de trottoirs et la signalisation. Il est donc envisagé de compléter la BEV par une surface tactile d'aide à l'orientation pour donner la direction de la traversée dans ces cas.
Conséquence : l'habitude, prise par la plupart des personnes aveugles, de se servir des BEV pour s'orienter en vue de traverser, ne sera plus possible.
Comment connaître l'axe de la traversée ?
L'expérimentation avec des personnes aveugles ou malvoyantes, à la demande du CERTU pour le Ministère de l'Équipement, a cherché à évaluer l'efficacité d'informations supplémentaires données par des surfaces podo-tactiles couplées à la BEV. Les panélistes ont eu à tester différentes surfaces dans différentes configurations toujours associées à la BEV. On cherchait à savoir de la part des usagers :

  • si une bande podo-tactile d'orientation est détectable sans faille (par le pied ? par la canne ?) et si les informations données peuvent être interprétées.
  • si une telle information est performante et utile pour aider à trouver la direction du passage piéton.
  • à quel moment une aide à l'orientation est possible.
  • quels sont les besoins et les limites d'une telle information.
Il ne s'agissait pas d'une étude sur la capacité de la personne aveugle ou malvoyante à utiliser (en statique) la bande d'aide et à garder (en dynamique) l'orientation, donnée podo-tactilement.
On ne pourrait, en effet, répondre à cette question qu'après un apprentissage adapté. Il s'agissait d'un questionnement honnête et sincère, pour savoir si on peut trouver une aide compensatrice efficace, afin de résoudre ces situations problématiques pour les personnes aveugles ou malvoyantes qui se déplacent seules.
L'analyse des enregistrements vidéos et des questionnaires passés aux 32 personnes ayant participé à cette expérimentation fera très certainement avancer la réflexion : comment améliorer et sécuriser la locomotion des déficients visuels ? Il faut reconnaître qu'aucune solution ne peut régler les problèmes engendrés par la conception inadéquate de certains aménagements de voirie, ni pallier le manque d'autonomie de certaines personnes aveugles ou malvoyantes.
Nous voudrions dire aussi aux personnes déficientes visuelles que, pour pouvoir affronter l'évolution des circulations piétonnes et routières, elles doivent adapter leur savoir-faire. Les instructeurs de locomotion adaptent constamment les stratégies qu'ils enseignent pour leur prodiguer le moyen de fonctionner dans un monde qui change.

Maryvonne Dejeammes , (Chargée de mission au CERTU)
Claire-Noëlle Piriou , (Présidente de l'AILDV)
Catherine Barthe , (CETE du Sud-Ouest)

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Les DMLA, dégénérescences maculaires liées à l'âge



Il s'agit d'un ensemble de lésions de la région maculaire apparaissant, au-delà de l'âge de 50 ans, sur un oeil auparavant normal. La vision centrale, maculaire, est perturbée. Les lésions se situent au niveau de la choroïde, de l'épithélium pigmentaire et de la rétine sensorielle, autour et en arrière de la macula.

L'éthiopathogénie de ces lésions est extrêmement complexe. L'observation clinique des DMLA est très ancienne. Les études et les publications des hypothèses relatives à ces affections commencent dès le XIXe siècle. L'interprétation des symptômes et des signes ophtalmoscopiques sont discutées, et parfois controversés, mais progressent lentement jusqu'en 1967, date de la publication, dans l'American Journal of Ophtalmology, de l'étude de J. Donald Gass sur le décollement du neuro-épithélium et les processus séro-hémorragiques intéressant la membrane de Bruch, l'épithélium pigmentaire et la rétine. C'est grâce à l'angiographie à la fluorescéine utilisée, au cours des années 1950, que cette étude magistrale et historique a fait date pour les DMLA.

La nécessité d'une prévention précoce
Ceci a permis de comprendre le rôle de la néo-vascularisation autour de la macula. Puis l'histologie et la biologie moléculaire, ainsi que la technologie avancée dans l'imagerie, nous ont permis de réaliser des progrès considérables dans le domaine qui nous préoccupe aujourd'hui.
En effet, l'allongement de la durée de vie dans les pays industrialisés posera dans un proche avenir - 20 à 30 ans - un problème d'une importance certaine, tant au plan médical que social et économique, car une large partie de cette population sera exposée à subir une DMLA.
Des études statistiques effectuées dans les pays occidentaux permettent de penser, sinon d'affirmer, que 90 % des cas de pertes sévères et irréversibles de la vision centrale sont dus à une forme exsudative (humide) de l'affection, 10 à 20 % des personnes atteintes de DMLA atrophique devant développer la forme exsudative.
Il faut noter que l'immense majorité de nos populations ignore les DMLA. Ceux qui vont consulter sont déjà atteints d'une lésion. L'ophtalmologiste ne peut que constater les dégâts. Il est probable que la prévention à un stade plus précoce pourrait éventuellement, au moins, retarder les échéances. Des études sont en cours, mais les répliques positives n'existent pas encore.

Coagulation par rayons laser
L'angiographie a permis de comprendre le rôle des néo-vaisseaux, - artérioles qui prennent naissance au niveau de la choroïde, traversent la membrane de Bruch et provoquent les décollements de l'épithélium pigmentaire - particulièrement les rétro-fovéolaires occultes, principaux responsables des conséquences néfastes.
La coagulation des néo-vaisseaux avec des rayons laser a été utilisée pendant quelque temps, mais les résultats étaient, pour le moins, variables pour toute une série de motifs.
L'imprécision des temps de perfusion des vaisseaux afférents, nourriciers, ainsi que leur visibilité sur les images angiographiques, en particulier des occultes rétro-fovéolaires, n'étaient pas satisfaisantes.

La Thérapie Photo Dynamique
La vidéo-angiographie, d'apparition récente, a permis l'acquisition de plus de 12 images/seconde, avec une définition de bonne qualité et de visionner un film en boucle avec arrêt sur image. On pouvait ainsi mettre en évidence les vaisseaux nourriciers, afférents, ainsi que les efférents de drainage. Ces images permettent de confirmer les mesures déjà obtenues lors des angiographies préalables, des surfaces des membranes néo-vasculaires, de les situer avec précision par rapport à la fovéa et de calibrer les différents vaisseaux.
Parallèlement, on a développé la Thérapie Photo Dynamique. Il s'agit d'une molécule photosensible que l'on injecte, par voie veineuse, au patient précédemment évalué, selon un protocole particulier bien réglé, qui permet l'obturation des néo-vaisseaux sous l'activation d'un rayonnement lumineux, d'une longueur d'onde adaptée spécifique, délivré par un laser non thermique. Elle a une propriété sélective envers les tissus neo-vasculaires tout en préservant la rétine sous-jacente.
Il est évident que le 100 % n'est pas de ce monde et qu'un long chemin reste encore à parcourir afin d'améliorer nos possibilités thérapeutiques et surtout les préventives.

Docteur Michel KLEIN
Vétérinaire

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Aborder la retraite avec autant de sérieux qu'une remise




Pour parler de la retraite de nos adorables compagnons à quatre pattes, j'ai décidé de vous décrire notre histoire. Peut-être pourrai-je ainsi contribuer à aider les maîtres et leurs futurs compagnons retraités.

Ce n'est pas à vivre comme un moment terrible où plus personne ne peut ou ne saurait nous comprendre. C'est quelque chose que l'on doit aborder avec sérénité, un tournant qui doit être pensé longtemps à l'avance et surtout sans tabou.

Le départ de Gini
Il y a vingt ans que je circule avec un chien guide. J'ai eu à préparer deux retraites. La première s'est faite tout naturellement. J'ai la chance d'avoir des beaux-parents qui résident à la montagne et c'est très volontiers qu'ils ont accepté de prendre ma chienne à l'âge de dix ans. Plus que l'âge, c'est le tempérament du chien, sa santé et plusieurs autres paramètres, comme le trajet habituel et ses contraintes qui sont forcément disparates d'un maître à l'autre, qui importent.
Il y a une petite année que Gini, ma chienne de onze ans, est à la retraite : elle vit au bord de l'Oise chez une collègue de travail qui s'est proposée de l'accueillir. Avant même d'accepter son offre, j'ai observé Gini et je me suis rendue compte qu'il y avait osmose entre elle et ma collègue. Vous savez, ce lien immatériel que l'on n'explique pas et qui survient dès le premier instant. Nous avons pris le temps de réfléchir à cette éventualité, elle avec son époux et nous, avec notre fille, à qui nous n'avons jamais rien caché de ce qui se passerait lorsque Gini serait trop fatiguée pour continuer de me guider. Il a bien dû s'écouler trois années avant que ce projet ne se mette vraiment en place. À mesure que le temps passait, les choses devenaient plus concrètes et c'est tout naturellement que nous en sommes venus à mettre en place la meilleure structure d'accueil possible. D'abord, nous leur avons laissé Gini pour les vacances d'été car je savais déjà que mon stage de remise aurait lieu d'ici à la fin de l'année. Nous sommes en contact permanent, et lentement, la confiance s'est instaurée. Même si la séparation a été difficile, je savais au fond de moi que ma compagne serait heureuse là-bas. Je l'y avais vu plusieurs fois s'ébattre et j'étais certaine qu'elle bénéficierait des meilleurs soins possibles.

Offrir une retraite heureuse et longue
Je ne serais pas honnête si je disais que les choses se sont faites d'elles-mêmes. Je fus bien sûr désemparée, bouleversée lorsqu'elle est partie avec sa nouvelle maîtresse. Et si mon adaptation avec son remplaçant ne s'est pas faite en un jour, j'ai cependant pu retrouver mon équilibre.
Qu'est-ce que l'Amour ? Est-ce aimer l'autre juste pour soi-même, juste pour être heureux ou bien plus ? N'est-ce pas plutôt être capable de se faire mal pour que l'autre soit bien et vive paisiblement ? Je m'étais jurée de lui offrir une retraite heureuse et longue. Je l'ai fait pour l'amour d'elle et je ne regrette rien aujourd'hui, même si nous aurions pu travailler encore un peu ensemble. Nous sommes toujours en contact. J'ai des nouvelles régulières de ma Gini : elle a trouvé une famille fabuleuse qui l'aime comme nous l'aimons et qui lui donne autant que nous l'aurions fait. Récemment, nous sommes allées la voir avec ma fille. Ce fut très fort émotionnellement. Elle semblait si contente de nous voir et, en même temps, nous avons senti qu'elle était chez elle à présent, qu'elle s'était appropriée la maison et ses occupants.
Nous aurions sûrement pu réussir mieux encore et je n'aurai pas la prétention de vous conseiller ou déconseiller quoi que ce soit. Mais ce dont je suis certaine, c'est qu'il faut laisser au temps, le temps de prévoir, de sentir, d'imaginer une nouvelle vie. Le tout sans jamais se précipiter. Rien ne sert de refuser d'avancer, il faut aborder la retraite avec autant de sérieux qu'on le ferait pour une remise.

Laurence Caucheteux

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Un chien guide qui pourra toujours vous surprendre !




Un jour, je devais me rendre en grande banlieue sud, accessible par une gare de la ligne du RER D.
Je m'y suis rendu, bien sûr guidé par mon labrador IAGO âgé de 10 ans et toujours fidèle dans mes déplacements. J'ai pris le RER D à la gare de Lyon, sans aucune difficulté, et suis monté en queue de train.
Je me suis assez vite rendu compte que, durant le trajet, le wagon s'était vidé et que j'étais donc seul. Néanmoins je n'étais pas inquiet, bien que faisant ce parcours pour la première fois, car je connaissais l'horaire précis d'arrivée à la gare de destination. J'arrive donc à destination et descends, sous une pluie torrentielle, pour constater que le quai est désert. Pas de panique : s'il n'y a personne, c'est que la sortie est en tête ! Je demande donc à mon chien de se diriger vers la tête du train.
Quand il y a du monde sur un quai, il est facile pour un chien guide bien formé de trouver la sortie, car il sait qu'il suffit de suivre le flot des gens. Mais là, personne ! En arrivant au bout du quai, je dois bien admettre que je n'ai pas trouvé la sortie et qu'il ne me reste plus qu'à faire confiance à IAGO.
Je demande donc à mon chien la sortie et il me conduit directement à un escalier descendant.
Dans un premier temps, après l'avoir remercié, je lui redemande la sortie, car je n'étais pas convaincu de sa proposition. Il insiste et me ramène à cette même descente. N'ayant pas d'autre alternative, je finis par accepter la proposition. IAGO me conduit, après la descente, dans un couloir et me propose un escalier, que j'accepte, pour me retrouver enfin sur un autre quai. Là, j'ai bien senti que IAGO savait où il me menait, car il me conduisit tout droit à la sortie de la gare qui n'était accessible que de ce quai-là. Hasard ? Chance ? Non, compétence !

Philippe Balin

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Je souhaite offrir à l'École de futurs bons chiens guides




J'ai toujours aimé les chiens mais, jusqu'à présent, je n'en avais encore jamais eu un à moi. Profitant d'une année sabbatique, je me suis aventurée à accueillir un chien guide à la maison. Je voulais, par cette expérience, mesurer quelles allaient être les conséquences sur ma vie privée, tout en la mettant au profit des personnes déficientes visuelles.
Ne connaissant pas la race golden retriever, j'ai suivi à la lettre les consignes du livret de travail de l'École, en respectant toutes les règles d'apprentissage des éducateurs.
J'ai ainsi découvert chez Newman, mon premier chien, ses étonnantes capacités d'adaptation ainsi que le coté astreignant du travail comme, par exemple, lui faire faire ses besoins dans le caniveau.
Pour succéder à Newman, j'ai accepté de reprendre une chienne, Orée, tout en me disant que ce serait la dernière fois, car la séparation d'avec Newman fut trop douloureuse. Forte de ma première expérience, j'ai trouvé le travail éducatif beaucoup plus facile pour Orée. Ce qui m'a permis d'apprécier pleinement sa compagnie, sa douceur et son intelligence, sans ressentir, comme la première fois, le stress de mal faire. J'ai donc été très fière d'avoir accueilli et redonné deux chiens à l'École et avoir pu ainsi faire plaisir à deux personnes malvoyantes.
Quand Orée est repartie à l'École, j'ai vu que je ne pouvais plus me passer de la compagnie des chiens. J'ai donc décidé d'en prendre un uniquement pour moi, mais de ne plus continuer à faire famille d'accueil.
Je souhaite toutefois toujours contribuer au travail de l'École en envisageant, avec son soutien, de faire reproduire ma chienne et d'offrir à l'École de futurs bons chiens guides !

Christine Guiraud

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L'autorité et la caresse




Ce chien me fait "fondre", avec sa tête posée sur ma cuisse, son effondrement massif contre ma jambe et sur mon pied.

Il n'est ici pas question de travail du Chien Guide, mais tout simplement de l'animal qui nous donne toute son affection et se livre à nous dans une confiance totale mettant son corps entier dans notre proximité.
Alors cet animal-là, comment ne pas lui donner caresses et sucreries à longueur de temps ? Comment le mettre à bonne distance ? Comment lui refuser un peu de place ? Comment lui dire "Non !", "C'est assez !", "Cela suffit !", "Ta place" "Ne saute pas"... ?
Déjà lui dire ! Puis joindre notre parole à notre exigence : le faire obéir. Il en va du chien comme de l'enfant : assurer sa sécurité affective (l'aimer, lui pardonner, le cajoler, le rassurer) et l'éduquer (aller vers l'autre, respecter, écouter, se maîtriser). Mais devant tant d'affection, tant de tendresse, certains diront "Je ne peux pas dire non". Alors le chien va devenir le maître, l'Enfant va devenir le Parent. Le tout puissant.

Dire NON, c'est Respecter. Dire NON, c'est Aimer. L'autorité n'est pas autoritaire.

Un chien bien tenu, c'est une adaptation "incognito" dans la vie sociale. Travailler avec l'Éducateur la notion d'autorité, d'ordre, de comportement automatique avec les récompenses (gâteries, mais aussi paroles et récompenses), questionner l'École sur ce qui est à faire et à ne pas faire sont les impératifs des possesseurs de Chiens Guides. Enfin, il faut savoir combien la relation Maître-Chien ou Maîtresse-Chien nous permet de réaliser, de développer en nous un potentiel affectif souvent enfoui.
Une vraie découverte.

Patrick Vincelet

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Nora : le toutou tout chocolat




Le 27 septembre 2003, lors de la deuxième édition du Chien Lumière au Champ-de-Mars, le public a pu découvrir une nouvelle star : Nora, le chien tout en chocolat.

Nora a ensuite continué sa tournée de star en étant présente à la Journée Portes Ouvertes du 5 octobre à l'Ecole et au Salon du Chocolat, qui s'est tenu au Carrousel du Louvre à Paris début novembre 2003.

Nora en chocolat noir, blanc et au lait
Nora est le très fort symbole du partenariat existant entre la Fédération des Pâtissiers de l'Île-de-France et notre École.
Il s'agit d'un moulage de 10 centimètres de haut, présenté sous trois variétés différentes de chocolat (noir, blanc et au lait), dans un sachet transparent aux couleurs des logos de l'Ecole et de la Fédération.
Nora est la fidèle reproduction, en miniature, du premier chien de race golden retriever formé à notre l'École et portant sur le dos le dessin de son harnais.

Une gourmandise à dimension humaine et chaleureuse
Le projet, baptisé par la presse "Le don du coeur pour les yeux", avait un double intérêt :
  • d'une part, donner une dimension humaine et chaleureuse à ce qui n'est, au départ, qu'une gourmandise,
  • d'autre part, permettre de lancer un produit appelé à être proposé tout au long de l'année chez nos artisans.
Pour notre Ecole, l'objectif principal était de dégager des fonds supplémentaires afin de former davantage de chiens guides d'aveugles.
On peut affirmer, aujourd'hui, que l'objectif est parfaitement atteint !

Fédération des Pâtissiers de Paris Île-de-France
31 rue Marius Aufan
92309 Lavallois-Perret cedex
Tél. : 01 40 89 92 96


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Rubis a changé ma vie




"Je remercie les généreux donateurs qui ont permis à l'École de chiens guides de Paris la remise de ma chienne guide : RUBIS. Grâce à elle, j'ai acquis beaucoup plus d'autonomie dans mes déplacements : elle a, en effet, changé ma vie. Elle m'apporte également sa fidèle affection et permet la création de liens sociaux : lorsqu'elle me guide dans la rue, beaucoup de gens m'adressent la parole. Elle est si belle et si douce qu'elle fait l'admiration de tout le monde.
Encore merci à tous."

Odile Chaduc - La maîtresse de RUBIS

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Comment l'éducateur communique-t-il avec son chien ?




Plusieurs centaines d'années avant Jésus-Christ, le fabuliste Grec Esope évoquait la question suivante : "Quelle est la meilleure des choses ?". Il répondait : "C'est la langue !". Oui, c'est grâce à la langue que l'on parle, que l'on peut s'engager à mieux connaître le monde, à construire, à s'épanouir... Esope poursuivit sa pensée en disant : "Et quelle est la pire des choses ?". "C'est encore la langue !". En effet, celle-ci, mal utilisée, peut détruire.

Pour indiquer à son élève ce qu'il attend de lui, l'éducateur doit employer un système de communication spécifique. Il s'appuiera principalement sur son équipement sensoriel : la vision, le toucher et l'audition, sans négliger l'olfaction.

Empathie, objectivité et confiance
L'éducateur doit naturellement faire l'effort d'une certaine empathie (c'est la connaissance intuitive de ce que ressent son compagnon le chien) et doit rester objectif, ce type de relation étant exempt de tout jugement de valeur. Ce sont des caractéristiques essentielles de toute prise en charge éducative, et par conséquent, de son métier.
À cela vient se rajouter ce que j'ai déjà dit et que je répéterai : "La confiance". Certains appellent cela "l'effet Pygmalion". L'éducateur doit apprendre la tolérance. Tout exercice élaboré ne peut pas être atteint rapidement.
L'équipe éducateur-chien ne forme qu'un. Certes, les deux sont différents, mais ils vont se compléter pour former la meilleure combinaison possible.

Des demandes identifiables et fiables
Pendant la période d'éducation, les demandes (on emploie ce mot à la place d'ordre) doivent principalement être :
  • Identifiables : c'est-à-dire qu'il ne peut pas y avoir de confusion. La position du corps et des membres est précise. Les mots employés sont essentiellement mono et bi-syllabiques. En extérieur, le sifflet est un excellent signifiant. En intérieur, les claquements de doigts sont très souvent utilisés. Le contact avec une partie déterminée du corps du chien est également un excellent facilitateur d'indication.
  • Fiables : quand l'éducateur émet un signal codé, la conséquence, même si elle n'est pas parfaite au début, doit toujours être la même pour le chien.
Efforts, connaissance et sincérité
Toutes les demandes sont toujours connotées d'émotions inconscientes (assurance, hésitation, ...). Celles-ci n'échapperont pas au chien. Il sera à l'affût de nos erreurs qui pourront s'exprimer par ce que l'on appelle les " transmissions non verbales ".
Pour résumer, la communication avec un chien exige toujours des efforts, de la connaissance et de la sincérité :
  • des efforts, parce que nous ne sommes pas des chiens.
  • de la connaissance, que nous tirons de l'observation des chiens entre eux.
  • de la sincérité, parce qu'ils nous observent toujours et qu'à mes yeux, sans elle, aucune acquisition ne peut être durable.
Joachim ROMERO

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Mes deux chiennes : Dora et Raya




Pour un aveugle, un chien n'est pas seulement un guide, un compagnon, un ami, un confident : c'est aussi un excellent moyen pour établir des relations avec des personnes du voisinage.

Dora : une efficacité parfaite
J'ai eu deux chiennes, très différentes l'une de l'autre.
La première, Dora, un berger allemand, n'était pas toujours facile avec les autres chiennes, mais elle était d'une parfaite efficacité sur le plan du guidage. Notre semaine était rythmée par la vie scolaire (j'étais professeur, comme beaucoup le savent) : chaque samedi matin, nous allions au bois pour la détente et presque chaque soir, nous jouions un petit moment dans la cour de mon immeuble avec les enfants de la gardienne. Tout le monde était joyeux.
En dehors de quelques horaires rituels comme le lever et les repas, la journée pouvait présenter des fantaisies : en classe, il arrivait à Dora de faire le tour des cartables, ou des casiers, à la recherche d'un goûter. Elle aimait beaucoup les jeunes enfants, surtout lorsque nous sortions de l'école. Quand elle allait faire un bisou à un petit, l'enfant, après un moment de stupéfaction, se mettait à pleurer et sa maman riait ou protestait, selon les cas.
Dora détestait l'eau et tout particulièrement la pluie. Or, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, nous faisions à pied le trajet de la maison à l'école. Le matin, le chemin étant le plus court, je ne donnais pratiquement pas d'ordre à mon chien et moi j'étais un peu somnambule. Sur ce parcours se trouve une place piétonnière que nous traversions en diagonale. Certains jours de pluie, il arrivait à Dora de me faire faire un demi-cercle pour me ramener à la maison. Une fois, elle est rentrée dans le commissariat pour se mettre à l'abri. Un chien, même guide, a le droit d'avoir des idées !

Raya, successeur de Dora
Raya, Bouvier des Flandres, a succédé à Dora en 2002. C'est un gros nounours bringé (noir avec des poils blancs) aux poils longs et frisés, pesant une bonne trentaine de kilos.
Depuis que je suis à la retraite, notre vie est bien différente. Nous faisons de longs séjours à la campagne où le guidage est réduit à sa plus simple expression, par de longues ballades à la campagne, à travers les chemins de terre où les repères sont rares. Le problème est souvent de trouver le chemin de retour. Or, jamais Raya ou Dora ne se sont perdues : elles m'ont toujours ramené à la maison sans difficultés. Raya adore les jeunes enfants et les prend volontiers sous sa protection. Ainsi, lorsque je suis à la campagne avec mon petit-fils, aucun adulte, surtout masculin, ne peut l'approcher. Mon petit-fils a tous les droits : il fait rouler, par exemple, ses petites voitures sur le dos de Raya ou peut manger des bonbons et des gâteaux, sous son nez, sans qu'elle fasse un geste pour les lui prendre ! Raya devient chien de garde, saute sur le mur qui clôt la propriété et se poste pour surveiller les environs, sans jamais le franchir.
Dans la rue ou dans les transports en commun, son poil frisé attire toujours une main. Sur le plan du guidage, je n'ai pas grand-chose à dire, si ce n'est que nous ne sommes pas toujours d'accord sur le chemin à suivre. Alors, nous discutons et je finis toujours par avoir raison. Raya aime bien que je lui explique ce que nous allons faire : pain, boucher... Son travail est, dans ce cas, bien meilleur.
Lorsqu'elle se promène en liberté au bois, il faut faire attention à l'eau : si elle voit un ruisseau ou un étang, elle a vite fait d'y plonger. Ma seule crainte vient du fait qu'elle prend facilement les coureurs et les cyclistes en chasse mais, heureusement, elle revient dès qu'on l'appelle.
Enfin, je souhaite à tous d'avoir d'aussi bons chiens qui, tout en étant parfaitement obéissants, vous jouent de temps en temps des tours pour maintenir votre attention en éveil.

Claude Quignard

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