|
|
Le Chien Guide: revue numéro 3
La dysplasie de la hanche se définit comme un trouble du développement de la hanche engendrant un contact anormalement lâche entre la tête du fémur et la cavité articulaire du bassin. Elle est souvent accompagnée d'un phénomène arthrosique. On ne naît pas dysplasique, on le devient : un animal dysplasique naît avec une hanche saine et cette affection se développe pendant la croissance, principalement entre 6 et 12 mois pour un golden retriever. Symptomatologie: Il n'existe pas de signe caractéristique mais on remarque souvent une démarche avec roulement du train arrière. Parfois, cela engendre boiterie ou douleurs. Diagnostique : Lors de l'examen clinique, on met en évidence une hyperlaxité et/ou une douleur à la manipulation de la hanche. Grâce à la radiographie réalisée systématiquement pour tous les chiens de l'Ecole de Paris, on pourra confirmer le diagnostic de dysplasie et classer le chien parmi les 5 stades d'atteinte : A : exempt, B : presque normal, C : léger, D : moyen, F : sévère Etiologie: Cette malformation a avant tout une origine héréditaire polygénique complexe à laquelle se rajoutent des facteurs environnementaux tels l'alimentation et l'exercice. Prévention : Puisqu'il s'agit d'une maladie héréditaire, il est important de bien choisir les reproducteurs. Ils sont donc systématiquement radiographiés et on étudie leur ascendance. L'ECGA écarte ainsi de la reproduction les sujets ayant atteint les stades D et E. Le propriétaire ne pouvant jouer sur le caractère héréditaire de la dysplasie, il peut améliorer les facteurs environnementaux. Les excès de poids sont souvent à l'origine de problèmes articulaires. Il est donc important de surveiller la ligne du chien et si nécessaire de le rationner. Il faut aussi limiter au maximum les jeux violents, les longues promenades, les escaliers,...qui sont aussi des facteurs aggravant mais sans oublier qu'un exercice minimal est nécessaire pour un développement normal de la musculature de la hanche. Traitement : Il existe de nos jours plusieurs méthodes de traitement qui ont pour but de rendre l'animal confortable mais qui ne peuvent éliminer la maladie. Il existe ainsi des traitements médicamenteux ou différents types d'interventions chirurgicales qui vont jusqu'à la pose d'une prothèse totale de la hanche. La prévention demeure le meilleur moyen de lutte. Dr. Vétérinaires Y. LAHIANI et J.C. ATTALI
Comme le loup, dont il est certainement issu, le chien est une espèce extrêmement sociale. Lorsqu'il peut choisir son mode de vie, sa préférence va vers la bande ou comme nous avons coutume de l'appeler, la meute. Les animaux retournés à l'état sauvage forment rapidement des associations assez souples pouvant atteindre une vingtaine d'individus, semblables à celles que l'on observe chez les loups. La société canine est réglée par des interactions de domination et de subordination. L'individu ou le couple meneur régule les relations entre les autres individus du groupe social. Il est généralement convenu que le meneur a une prérogative pour l'accès à la nourriture. Il conduit les expéditions, prend les décisions et peut déterminer les activités au sein de la bande. Mais son rôle social le plus important consiste à veiller et faire respecter les bonnes règles de conduite au sein de la meute pour le bien être de tous. Dans la bande, comme dans tous les groupes sociaux, chacun trouve sa place au sein de la hiérarchie. Elle est établie en fonction des aptitudes physiques, psychiques et cognitives de chacun, mais aussi du milieu éducatif et social d'origine. La hiérarchie d'un groupe canin, à l'image de toutes les hiérarchies, n'est pas figée. La place et le statut de chacun peuvent varier selon les activités et évoluer au fil du temps. Le meneur doit veiller à sauvegarder son statut par une vigilance constante et des comportements appropriés face aux situations qui se présentent. La structure sociale hiérarchique peut être considérée comme un système social économique. Elle permet l'existence de longues périodes sans comportements agonistiques et l'accomplissement de tâches complexes avec une grande efficacité. Mais pour l'espèce canine, comme pour l'espèce humaine, l'existence d'une hiérarchie ne présage pas du type de relations entre les individus qui la composent, et en particulier entre le meneur et les suiveurs. Pour reprendre la classification élaborée par les psychosociologues, il existe trois modes de relations entre le meneur et les suiveurs : démocratique, autoritaire et laisser faire. Schématiquement, le mode démocratique impose au meneur une écoute permanente des attentes des suiveurs. La relation est basée sur une confiance et un respect mutuel. Le mode autoritaire est basé sur un système coercitif qui demande au meneur des démonstrations de sa supériorité physique. Quant au mode laisser faire, une totale liberté au membre du groupe aboutit généralement à l'éviction du meneur ou la dislocation du groupe. Chacun de ses modes de fonctionnement peut se retrouver dans tous les groupes sociaux, mais on dira le meneur "démocrate", "autoritaire", "libéral" selon le mode relationnel dominant qu'il favorise dans le groupe. Le chien montre une expérience sociale précoce. C'est dès le plus jeune âge que le chiot apprend à tenir sa place au sein de la bande. Pendant les quinze premières semaines de sa vie, le chien va acquérir les éléments constitutifs de sa personnalité à venir. Les expériences auxquelles il sera confronté au cours de cette période sensible de socialisation feront de lui un adulte sociable, extraverti ou au contraire, craintif et réservé. Néanmoins, les contacts sociaux après cette période et tout au long de sa vie d'adulte pourront modifier les caractères psychologiques et sociaux du chien. Dans certains cas, une privation sociale modérée au cours de la période sensible peut être "rattrapée" si l'animal est plongé dans un milieu avec une forte emprise socialisante. Entre trois et cinq semaines, les relations sociales des chiots sont principalement centrées sur la mère et les chiots de sa portée. La mère jouera son rôle éducatif en rendant des morsures trop marquées, en réprimandant les bêtises... Le niveau de tolérance de la mère vis-à-vis de ces chiots aura une influence marquée sur leurs comportements à l'âge adulte. Aussitôt après, objets et animaux de l'environnement commencent à prendre une signification pour les jeunes. Les congénères, jeunes ou adultes deviendront des compagnons de jeu. Au cours des activités ludiques, le chiot développera son habilité sociale et, en particulier, la relation de domination-subordination qui caractérise tous les aspects du comportement social chez le chien adulte. En milieu humain, le chien est intégré à la société humaine. Il se retrouve souvent isolé de ses semblables. C'est alors à l'éleveur et au maître de se substituer à la mère et à ses congénères. Dès le sevrage et la séparation, l'éducation du chiot leur revient. Outre les règles de la société canine, le chien doit intégrer les règles de vie de la société humaine pour qu'il puisse s'adapter au mode de vie de l'homme. La fréquentation d'autres chiens et le contact avec de nombreux êtres humains pendant la période juvénile sont des facteurs essentiels pour le développement d'une réponse sociale adaptée. Dans la famille, pour que la cohabitation puisse être harmonieuse, le chien doit avoir un statut de suiveur, tandis que les maîtres assureront celui de meneur avec tous les droits et les devoirs que cela suppose... Jean-Marc POUPARD Chercheur enseignant au LABSAH, Paris 5 Contact@labsah.org
La gestation chez la chienne dure environ 63 jours. Lors du premier mois, le corps de la chienne ne change pas : le volume du ventre reste identique (souvent l'inverse pour une pseudo gestation). En effet, la croissance du futur chiot ne débute qu'après la nidation (19e jour), période à laquelle la chienne peut subir une chute temporaire d'appétit. Avant la fin de la quatrième semaine, la chienne présente peu de signes cliniques. C'est seulement vers le 30e jour que le premier symptôme apparaît sous forme de pertes glaireuses transparentes et filantes (autres colorations anormales). Un élargissement du ventre, en arrière des côtes, peut également être remarqué. Le diagnostic de gestation coïncide souvent avec ces premiers symptômes. Il n'existe pas de test sanguin chez la chienne. L'échographie la plus précoce et la plus fiable est réalisée à partir du 25e jour et permet de repérer approximativement les ampoules foetales. Une palpation experte permettra de sentir ces ampoules dès le 30e jour. Si la lice porte peu de chiots, c'est à partir du deuxième mois que les signes cliniques sont caractéristiques : les tétons durcissent (plus tôt chez la primipare) et le ventre s'arrondit. En effet, vers le 45e jours, le squelette des chiots s'ossifie et c'est à ce moment là que l'on peut faire une radio pour les dénombrer. Ces premiers symptômes permettent de considérer l'état de la chienne pour son alimentation, ses activités et les soins à lui procurer. Les lices sont placées en familles d'élevage pour leur bien-être et leur éviter le stress. De plus, l'Ecole met en place une surveillance accrue : calendrier de vermifugation, d'antiparasitaire, planning alimentaire et vérification des médicaments tératogènes (mortels). Un diagnostic précoce et quantitatif permet de gérer l'alimentation de la chienne ; ses besoins étant accrus, une alimentation fractionnée et riche en protéine doit être apportée à partir de la cinquième semaine et augmentée régulièrement (+10% par semaine pour une portée normale). D'elle-même, quinze jours avant la mise-bas, la chienne se met au repos, dort plus longtemps et recherche le calme. D'ailleurs, des activités trop prolongées sont à proscrire ainsi qu'un contact avec les congénères. Le développement mammaire est important et des sérosités beiges ou brunâtres apparaissent. Déjà se prépare la mise-bas que l'on exposera lors du prochain bulletin.
Lorsqu'une nouvelle portée de chiots arrive dans l'enceinte de l'Ecole, nous leur faisons passer un test d'évaluation à l'âge de sept semaines afin de déterminer le caractère de chaque chiot. Ces tests individuels consistent à observer le comportement du chiot face à de nombreuses stimulations sensibilisant ses cinq sens. Celles-ci comprennent :
Parmi les différentes étapes, on retrouve :
Cette évaluation est très importante pour la sélection des futurs chiens guides car, grâce à elle, on décèle au plus tôt les chiens qui ont un caractère équilibré, soumis, attentif, conditions obligatoires pour suivre une éducation de travail durant les mois à venir.
Voilà 25 ans que j'éduque les chiens pour guider des personnes aveugles ou malvoyantes et je me pose toujours la même question : Mon action est-elle en adéquation avec les besoins et les capacités du chien ? A-t-il conscience des tâches merveilleuses qu'il accomplit tous les jours. Ce dont je crois être sûr, c'est que le chien guide ne sait pas que son maître est déficient visuel. Cette valeur sociale humaine lui est étrangère. Alors qu'elles sont les motivations qui poussent le chien à guider une personne déficiente visuelle ? Pour les comprendre, nous devons nous appuyer sur des notions théoriques et pratiques. Les éléments théoriques sont observables dans la nature et plus particulièrement chez ceux qui sont certainement à l'origine de nos chiens, les loups. Leurs capacités sont étonnantes. Elles sont en perpétuelle adaptation avec leur milieu, et cela dans l'intérêt de la survie du groupe ; par exemple le fait qu'ils puissent communiquer entre eux sans se voir et sur de très longues distances. Pour survivre, les loups ont des besoins physiologiques : manger, dormir ... ; de sécurité : équilibre psychologique, être en bonne santé, avoir un territoire ... Des besoins aussi de groupe : sentiment d'appartenance, pouvoir communiquer, être ensemble. Et le besoin également d'être reconnus : avoir le sentiment d'exister en participant à des tâches collectives utiles à leur groupe : chasse, nourriture des petits des autres femelles. Cette participation déterminera la place de chacun dans le groupe ... Nos chiens guides ou non guides, ont les mêmes besoins, certains d'ailleurs leur seront acquis d'avance sans qu'ils aient à utiliser leurs capacités intellectuelles : chercher la nourriture, posséder un territoire. Mais ils ont surtout une double-appartenance, les chiens et les hommes, qui se met en place au cours de la phase d'imprégnation et de socialisation. Je dois d'ailleurs insister sur l'importance de l'équilibre et de la générosité de la mère durant cette période et regretter que le père ne soit jamais présent. Les chiens guides vivent au côté de l'homme et doivent donc être hiérarchisés par rapport à lui. Ils ont successivement plusieurs maîtres, tout d'abord la famille d'accueil, puis l'éducateur et enfin la personne déficiente visuelle. Tous auront toujours la place la plus élevée, à condition que le chien ait la plus haute estime de ses maîtres successifs. Comme chez son ancêtre le loup, c'est par l'éducation, élément fondamental de toute existence, que va se structurer psychiquement l'animal et que se fondera l'attachement entre les deux êtres. C'est au travers de celle-ci que le chien connaîtra sa place dans le groupe. En matière d'éducation, les acquis obtenus par l'apprentissage doivent être régulièrement réactivés, voire réactualisés, afin d'être efficaces. Il est donc nécessaire d'avoir fréquemment des échanges, exercices d'obéissance, jeux ,dans le but de toujours rappeler le statut du chien, d'affirmer certaines aptitudes ainsi que satisfaire des besoins vitaux. Les chiens ont des possibilités d'acquisitions différentes ; il appartient aux éducateurs de savoir lesquels peuvent progresser le plus vite. C'est sur ces deux bases, l'attachement et la hiérarchisation, que le partenariat se développera, c'est à dire le travail collectif dans lequel chacun travaille pour lui-même et pour l'autre. Car en fait, il ne peut y avoir d'efficacité que si chaque membre du binôme est sûr de lui et en même temps fait confiance à l'autre. Durant la jeune enfance du chien guide des exercices simples et valorisant lui sont déjà proposés afin de mettre en évidence toutes ses aptitudes. Contrairement à d'autres spécialités du chien, nous n'utilisons évidemment pas, et encore moins développons certains comportements innés tels que : la défense ... Néanmoins, nous devons toujours nous référer des notions fondamentales tirées de l'observation. L'éducation du chien guide s'appuie sur trois d'entre elles : les prédispositions naturelles, le besoin de contact et les lois de l'apprentissage. Les prédispositions naturelles concernent : la réceptivité sensorielle (le chien guide doit être un chien visuel), les capacités d'assimilation puis de restitution fonctionnelle, un très bon sens de l'orientation ainsi qu'une morphologie adaptée. Concernant le besoin de contact, nous pourrions le comparer à une poussée instinctive, c'est à dire qu'il n'y a pas eu d'apprentissage préalable : c'est sur cette notion fondamentale composée de quatre étapes que nous construisons notre action éducative.
- Le chien a la volonté de faire plaisir, l'éducateur lui met le harnais, ce qui provoque la ritualisation de notre coopération et cette nécessité de participation. - Le chien a un acte à accomplir, il reçoit un ordre ou voit un obstacle, ce sont des éléments déclencheurs d'actions. - Le chien devient actif, il exécute l'ordre en évitant l'obstacle, c'est l'accomplissement, il a le sentiment de l'acte bien réalisé. - Enfin arrive la gratification, le chien guide est caressé, valorisé, c'est l'aboutissement. Durant son temps de travail, le chien guide doit être le plus concentré possible. Cette qualité ne peut s'obtenir que si nous lui permettons de se défouler régulièrement. Cette détente peut se traduire par le jeu de cordes, de rapport d'objets et des rencontres libres avec d'autres chiens. Cette recherche d'équilibre psychologique est essentielle, elle canalise certaines pulsions et renforce les liens affectifs. En ce qui concerne les lois de l'apprentissage, elles résultent des expériences de terrain : Citons quelques mots clés : l'habituation, le conditionnement classique, le conditionnement instrumental, le seuil de stimulation, etc........... et surtout beaucoup d'observation de patience et de progression. J.ROMERO
La cataracte est une pathologie fréquemment rencontrée en consultation ophtalmologique. Elle est définie par l'opacification du cristallin, intéressant tout ou partie de cette lentille intraoculaire. Elle est le plus fréquemment rencontrée chez des patients âgés, il s'agit alors de la cataracte sénile ou liée à l'âge. Toutefois il existe de nombreuses autres causes de cataracte. Ainsi distingue t'on:
Elles conduisent toutes à une baisse d'acuité visuelle souvent progressive, avec sensation de voile, d'éblouissement gênant notamment les patients en conduite nocturne. Lorsque la baisse d'acuité visuelle et la gêne sont significatives (généralement en dessous de 5/10), la chirurgie est proposée au patient. Elle consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant synthétique transparent repositionné dans le sac cristallinien originel. On compte en France environ 400.000 chirurgies/an de ce type, la technique est appelée phacoémulsification et utilise les ultrasons pour émulsifier le cristallin puis l'aspirer. Dans les années avenirs, le laser remplacera certainement les ultra-sons pour cette chirurgie. Dr Corinne Dot Adjoint au chef de service HIA Percy, Clamart (92)
C'est bien peut-être, parce que les yeux n'ont pas de prix... que l'argent reste un tabou dans les écoles de chiens-guides, comme d'ailleurs dans les lieux où se retrouvent l'Homme, l'animal, le don de soi, le bénévolat et l'affectivité régnante. Et pourtant, de l'argent, il en faut et beaucoup pour élever, éduquer, entretenir, former, payer, construire tout ce qui va permettre d'aboutir à cet animal complément fidèle de l'humain ! L'ECGAMVP de Paris offre des locaux entretenus et de qualité, une équipe d'éducateurs compétents et des professionnels associés disponibles qui remettront les meilleurs chiens, formés par des familles d'accueil généreuses... Cela a un prix ; mais on peut dire que cela n'a pas de prix ! Le prix d'un chien remis "harnais en mains" est celui d'une "Ferrari" pour le coeur, le déplacement et l'autonomie ; c'est un service après don constant et un accompagnement "maître-chien-école" garanti. Plus cher encore, car c'est un être de "valeur-vie" qui est confié. Le prix d'un chien guide est celui d'un être vivant qui comprend nos émotions et nos humeurs et qui assure nos pas. Il est notre coupon d'assurance quotidien et ce n'est pas par hasard ; le président, le directeur et les administrateurs veillent à sa garantie et joue l'atout-coeur avec des exigences de formation et de compétence qui rendent crédible ce quatre pattes qui reste un animal avant tout. Pour un professionnel de sciences humaines, il est bon et doux, réconfortant et joyeux de trouver un lieu où la blessure qu'est la perte de vue, son absence ou sa réduction s'éclipsent au profit d'une ouverture à la vie (le chien), à l'indépendance (le déplacement), à la technique (celle du guidage) qui font retrouver sourire, douceur et don. Le chien n'a pas de prix ; c'est pour tout cela très certainement. P. Vincelet
La technique de guide est un moyen pour la personne déficiente visuelle (non-voyante ou malvoyante) de pouvoir se déplacer aux côtés d'une personne qui la guide. Celle-ci accompagne la personne déficiente visuelle dans ses déplacements, à l'extérieur comme à l'intérieur, dans des lieux connus ou inconnus, tout en maintenant la notion de sécurité et de confort. C'est une technique universelle (internationale) et simple. Elle est utilisable avec les adultes, aussi bien qu'avec les enfants. Elle se caractérise essentiellement par la posture de base et les codes corporels que l'on utilise lors du déplacement. La posture de base consiste pour la personne déficiente visuelle à maintenir son bras le long du corps, à fléchir son coude à 90 degrés, et à prendre le bras (opposé) du guide juste au-dessus du coude. Il est important que le bras, l'avant-bras et le poignet soient dans le même axe. Pendant ce temps, le guide plie son coude (afin que la personne déficiente visuelle le localise) puis détend son bras le long du corps. L'intérêt de cette posture est que : - le guide est toujours devant la personne déficiente visuelle (le guide peut ainsi toujours anticiper le déplacement par rapport à l'environnement), - et la distance entre les deux personnes est toujours celle d'un pas (car la longueur de l'avant-bras, tendu à 90 degrés, de la personne déficiente visuelle est environ celle d'un pas), ce qui permet de maintenir en permanence la notion de sécurité. D'autre part, cette technique permet une responsabilité partagée des deux personnes car elles sont toutes les deux actives. On retrouve alors la notion de confort de la personne déficiente visuelle qui est participante. Par la suite, la relation de confiance entre les deux partenaires (ainsi que l'expérience acquise par l'écoute attentive des réactions ou des codes corporels de l'autre) donnera progressivement une aisance, une fluidité des mouvements. Les codes corporels donnés par le guide sont : le ralentissement, le passage étroit et l'arrêt. " Le ralentissement " permet au guide d'indiquer à la personne déficiente visuelle qu'il faut augmenter sa vigilance. Cela peut être pour un changement de l'environnement ou pour une préparation à un code comme " le passage étroit " ou " l'arrêt ". " Le passage étroit " est un code qui s'utilise quand l'espace n'est pas suffisant pour deux personnes côte à côte, elles se mettent alors " en file indienne ". " L'arrêt " indique le plus souvent une marche ou un escalier. Ainsi, la technique de guide aide la personne déficiente visuelle à être disponible à son environnement. La personne guidée peut échanger des propos ou encore être à l'écoute de ce qu'elle ressent. La technique de guide est, par conséquent, un moyen d'accéder à l'autonomie de déplacement. Il s'agit souvent d'une première approche de la locomotion, avant d'aborder d'autres techniques permettant d'améliorer cette autonomie. Elisabeth TESSIER
Beaucoup de personnes que je suis amenée à rencontrer à l'Ecole de chiens guides lors d'un bilan ou d'une première rencontre sont peu informées des différentes spécialités existantes dans le domaine médical de la voyance. Outre les 3 "O" (ophtalmo-opticien-orthoptiste) que l'on rencontre fréquemment en ville, il existe d'autres professionnels qui n'exercent que dans des structures pluridisciplinaires spécialisées. Ces structures travaillent en étroite collaboration entre elles afin de délivrer le meilleure service aux patients. Elles permettent de mieux faire comprendre à l'entourage le handicap et de redonner confiance. A l'intérieur de ses structures pluridisciplinaires, officient plusieurs spécialités qui apportent leur "savoir-faire". A l'Ecole de Chiens Guides de Paris, on retrouvera notamment :
V.A. Bensadoun Orthoptiste
Après avoir effectué les essais de chiens, arrive le moment tant attendu du choix du chien. CHOISIR LE CHIEN, c'est définir celui qui sera au coté de la personne à tous les instants de la vie. Trois étapes de travail nous permettrons de fixer les bases d'une bonne relation :
1. Le choix du chien.
UN CHOIX PARFOIS DIFFICILE :2. Le pré-stage. 3. Les week-ends. Lors du choix définitif, plusieurs chiens sont présentés ; pouvoir choisir entre plusieurs chiens est à la fois un atout et une difficulté. Nous assistons parfois à un grand et beau coup de foudre "réciproque". Une sensationnelle communion s'établit et le choix se transforme alors en évidence. Mais la situation n'est pas toujours aussi évidente. Nous disposons de critères plus concrets; par exemple, le ressenti de la personne concernant la qualité du poil : long, lisse, soyeux, sombre... ou le coté joueur, tranquille, marrant ou sérieux de chacun... Souvent nous entendons le futur maître parler d'un trait de caractère du chien en concluant :"Moi aussi, en fait, je suis un peu comme cela !!!". Les ressentis et les exercices pratiques vont faire l'objet d'une réflexion entre le futur maître, le directeur et les éducateurs. Ensemble le meilleur des chiens pour le meilleur des maîtres sera alors retenu ! LE PRE-STAGE OU LA DECOUVERTE MAITRISEE. Le pré-stage est une préparation au stage de remise. En quatre demi-journées, il apportera les connaissances de base et permettra à la personne aveugle ou malvoyante d'acquérir de la pratique avec son chien en tant que chien uniquement. Nous ne travaillons pas au harnais et n'abordons que les besoins vitaux et affectifs :
PREMIER WEEK-END EN TETE-A-TETE : ENFIN SEUL ! Accompagnés du chien, l'éducateur et le futur maître se rendent au domicile de ce dernier pour trouver ensemble le meilleur tapis pour le chien, la meilleure place pour mettre le tapis, la gamelle, les jouets... Ils définiront le meilleur trajet pour emmener le chien au caniveau, ce qu'il est préférable d'éviter et ce qu'il est conseillé. Puis l'éducateur s'en ira... Ces premiers instants sont autant magiques que terrifiants. Le chien tant attendu connaît à peine son maître, qui n'est d'ailleurs pas très assuré dans ses faits et gestes. Et c'est là que son chien ne vient même pas chercher une caresse, qu'il ne veut pas faire ses besoins dans le caniveau, qu'il ne reste pas sur le joli tapis tout neuf. Mais dès le lendemain matin, le chien est là à faire la fête et à ne plus quitter son nouveau maître. Puis, heure par heure, la connaissance réciproque construira l'attachement. L'attachement est le fondement de tout le travail qui débutera lors du stage de remise. Il sera le moteur et le dénominateur commun à tous les stagiaires, tous les chiens et toutes les pédagogies.
Bonjour, c'est moi, OSLO. Mon papa est un golden retriever, ma maman un labrador, et moi, je suis un très beau chien (tout le monde le dit, c'est donc vrai !) de 4 ans et demi. Depuis un an et demi, je travaille avec Pascale ISEL, et je vis maintenant avec toute sa famille : son compagnon, ses enfants, deux chats et Érice, qui travaillait avec Pascale avant moi, et qui est maintenant à la retraite. Pascale travaille à l'Association Valentin Haüy (l'AVH) à Paris ; je vais vous raconter une de mes journées de travail. Le matin, on prend le train jusqu'à la gare Montparnasse et de là, le métro. En arrivant, comme j'ai bien travaillé, Pascale commence par s'occuper de moi : elle me sort mon tapis, me donne de l'eau fraîche et une petite récompense à grignoter (qui ne fait pas grossir, elle est sévère!) ensuite elle va dire bonjour à tout le monde à l'étage, et je l'accompagne car ses collègues sont gentils et puis il y a mes deux copines : Léna et Maïly. Au début, Pascale m'avait préparé un grand coin pour moi, avec mon tapis et de l'espace, mais j'ai préféré me mettre sous son bureau ; je suis plus près d'elle, c'est ça l'amour... Pascale se plonge ensuite dans son travail, qui me dépasse totalement, alors je dors ! Souvent dans la journée, Pascale doit aller à des réunions, donner des cours à ses collègues, alors on se déplace dans l'immeuble, et j'espère que l'on va rencontrer mes copains Joc, Ousty et les autres. Le midi : cantine, mais à l'AVH, les chiens ne peuvent y aller que s'ils ont une muselière ; Pascale a décidé que c'était mieux pour moi de rester dans son bureau plutôt que d'aller avec elle, alors je l'attends. Après, on va se promener tous les deux. Soit c'est une balade tranquille, soit on va faire des courses. J'aime bien aussi quand on va s'asseoir à une terrasse de café : il y a toujours de bonnes odeurs mais Pascale, comme tous les maîtres de chiens-guides, surveille à ce que personne ne me donne à manger (ne lui répétez pas, ça arrive parfois quand même ; je n'en suis pas fier mais c'est tentant...). Ce qui est dommage pour ces balades, c'est que dans le quartier, les espaces verts sont interdits aux chiens ; ce serait bien si on avait pensé à nous faire un petit endroit fermé pour courir entre copains, sans danger, et sans déranger les autres ; enfin, je rêve, je rêve... Après ça, il est l'heure pour Pascale de retourner travailler. En fin d'après-midi, je la surveille car elle a tendance à oublier l'heure : quand je commence à voir le temps avancer, je me lève, je vais la voir, pour qu'elle comprenne qu'il est l'heure de rentrer : mes croquettes m'attendent ! Le soir, on repart souvent à pied jusqu'à la gare : Pascale dit que ça vide la tête après le travail et moi ça me détend les pattes ce petit kilomètre de marche. Ça, c'est les jours habituels, mais il y a ceux de "grande aventure" : c'est quand Pascale va ailleurs, donner des cours, à des réunions, présenter du matériel sur un salon. Alors là c'est autre chose : je ne sais pas où je vais, mais j'y vais. J'aime bien découvrir de nouveaux endroits, rencontrer des nouvelles personnes ; ensemble, on prend le train, l'avion, on dort dans des hôtels, et je suis bien sage, je fais bien attention, j'essaie de me rappeler un maximum d'endroits, de bien retrouver notre chambre à l'hôtel, pour leur montrer que même sans savoir lire, on y arrive... Oslo et Pascale ISEL
Cette année, direction l'Auvergne, bien connue pour ses volcans et ses lacs. Avant le départ, l'un de mes rêves était de nager avec Prisca, ma chienne-guide Golden Retriever âgée de 3 ans. Ce fut chose faite dès le deuxième jour après notre arrivée. Il faisait très chaud ; il y avait un lac aménagé, autorisé aux chiens, avec une eau très claire. Prisca piqua la première tête car il me fallait davantage de temps pour affronter cette eau un peu froide à mon goût. Elle faisait des va-et-vient comme pour me dire " Dépêche-toi ! " ça y est, à peine mes premiers mouvements de brasse exécutés, Prisca nageait à côté de moi. Elle suivait chacun de mes mouvements. Que d'émotions! Et puis, j'ai voulu m'éloigner un peu. Assez rapidement, elle m'a rattrapée très vite et a fait des cercles autour de moi de plus en plus resserrés pour que je me rapproche du bord. Visiblement, mademoiselle craignait que je me noie! D'ailleurs, ce qui m'a fait prendre conscience de cet instinct de protection, c'est lorsque des enfants s'amusaient à faire le poirier dans l'eau, elle se mit à pleurer très fort. Or, je n'avais jamais auparavant entendu Prisca pleurer, alors je l'autorisai à aller voir de plus près ce qu'il se passait, elle plongea et alla voir de plus près les enfants sans les toucher, très discrètement et revint comme pour me dire " Rien de grave!". J'espère que nous allons pouvoir renouveler cette expérience à Evian les Bains, notre prochaine destination pour cet été. Pour finir, j'ajouterai que ces moments privilégiés ne pourraient pas avoir lieu sans qu'il y ait une véritable osmose entre le maître et son chien et que ces périodes de vacances sont propices pour mieux se connaître et considérablement enrichir les échanges du " couple " au quotidien. Stéphanie FRITOT.
Connaissez-vous l'héliotrope, le tabac alata blanc, le soleil nain ou encore le papyrus ? Les avez-vous déjà bien sentis ou bien touchés sans risquer de vous vous faire réprimander par un fleuriste mécontent de voir ses chères fleurs entre vos doigts ? Avez-vous déjà remarqué le contraste de couleurs entre une rose d'Inde et un souci ? Admirer des fleurs n'est pas un privilège réservé aux seules personnes voyantes. Monsieur Joël Boulanger, jardinier de la Ville de Paris et initiateur d'un très bel aménagement floral au sein de l'Ecole vous le confirmera. Au printemps dernier, de magnifiques plantations choisies en fonction de trois de nos sens sont apparues dans le jardin de l'Ecole pour former un véritable parcours-découvertes. Une idée adaptée qui permet à nos visiteurs malvoyants ou aveugles de découvrir une trentaine de plantes différentes. La vue n'est donc plus le seul sens mis à l'épreuve devant ces superbes plantations car par la texture douce, rugueuse, lisse,..., de la fleur qu'il tient entre les mains, le promeneur déficient visuel pourra se hasarder à faire un pronostic. Pronostic qui sera confirmé ou désavoué par le parfum sucré, fort, doux, anisé,..., de la plante. Et si le doute persiste toujours, une tablette imprimée en braille et en noir, vous livrera enfin le nom de ce végétal inconnu. Rassurez-vous, les orties ont été bannies du jardin !!! Une belle initiative accueillie avec enthousiasme par nos premiers visiteurs et pour laquelle nous remercions vivement les jardiniers et le service des Parcs et Jardins de la ville de Paris d'avoir mené à bien ce noble projet. Et, nous espérons tous pouvoir, au printemps prochain, continuer à développer nos "sensations botaniques" grâce à un nouvel aménagement floral...
Le Rotary International dans tous ses programmes d'aide humanitaire a toujours gardé une place importante pour les écoles de chiens guides pour aveugles. Les 1.000 clubs Rotary français et ses 30.000 membres effectifs récoltent tous les ans grâce à différentes opérations bénévoles des fonds pour permettre l'éducation et la donation de beaucoup de chiens si précieux pour les aveugles. Les Clubs Inner Wheel et Rotaract du Rotary International sont toujours au service de ces admirables écoles. Nous remercions tous ces amis et aussi les Clubs Lions pour tous les efforts prodigués conjointement pour cette noble cause. Le Rotary Club de Paris Nord dont je suis membre soutient l'action de l'Ecole de Chiens Guides de Paris. G. LORINI |
|||||||||||||||
|
||||||||||||||||