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Le Chien Guide: revue numéro 2
C'était le 22 décembre dernier. Un soir nous étions, me raconte Joachim ROMERO, le directeur de notre école, avec des aveugles et une équipe d'éducateurs de chiens guide dans le secteur de la Villette, dans le XIXème arrondissement de Paris. Comme il faisait nuit sombre, nous avions mis des colliers phosphorescents aux chiens afin de mieux les surveiller. De jeunes enfants qui nous ont croisés se sont exclamés : "regarde maman des chiens lumières !!!!!" L'expression et l'idée sont nées ce soir-là. Les aveugles, ainsi que nous-mêmes avons bien enregistré l'observation pertinente des enfants. On dit bien "que la vérité sort de la bouche des enfants". C'était confirmé une fois de plus. Car c'est tout ce qu'il y a de vrai : le chien guide est une lumière pour l'aveugle. Or, le 22 décembre, date du solstice d'hiver, est la nuit la plus longue de l'année, à l'inverse de la Saint Jean, solstice d'été, qui est le jour le plus long. Hélas, pour les aveugles, "le solstice d'hiver est permanent" . C'est pour cette motivation symbolique, que nous avons choisi de fêter le chien guide, une lumière pour l'aveugle, le soir du 22 décembre. Nous avons fait éditer des bougies à l'effigie d'un chien guide, qui ont été distribuées dans les écoles de la Fédération. Nous avons demandé aux personnes qui soutiennent notre action en signe de solidarité envers les handicapés visuels, d'éteindre la lumière, ne serait-ce que pour quelques minutes et l'allumer des bougies. Simultanément, environ 250 aveugles avec leur chiens et des torches allumées, ont configuré un très grand chien guide sur le Champ de Mars, à Paris. Ils ont été filmés et photographiés depuis la Tour Eiffel. Cette fête a aussi été l'expression de notre gratitude envers tous les bénévoles et plus particulièrement envers les familles d'accueil qui par leur dévouement permettent à cette belle chaîne de solidarité d'exister. Docteur Michel KLEIN
Un examen ophtalmologique complet est pratiqué sur les chiens de l'ECGA. Cet examen a pour but d'identifier précocement des affections congénitales et/ou héréditaires susceptibles d'avoir une incidence sur la vision du chien guide, ou d'être invalidante pour cette fonction. Ces affections oculaires peuvent concernées diverses structures de l'oeil : malposition palpébrale, mauvaise implantation ciliaire, imperforation des canaux lacrymaux, cataracte, atrophie rétinienne... Les conséquences sont variées allant d'un simple préjudice esthétique à un inconfort jusqu'à la cécité. Dans le cadre de ces examens, le vétérinaire ophtalmologiste s'applique à détecter certaines anomalies, alors même que bien souvent le chien n'a pas encore de symptômes. L'examen requiert du matériel spécialisé : bio microscope, tonomètre, ophtalmoscope direct et indirect, divers tests et collyres et pour certains cas recours à l'échographie oculaire et l'électrorétinographie. Les chiens sont examinés avant et après dilatation pupillaire, de sorte à mieux visualiser la totalité du cristallin et un large champs du fond de l'oeil. Certaines maladies héréditaires sont plus fréquentes dans telle ou telle race, voire dans telle lignée et attirent plus encore notre vigilance au cours de cet examen. Pour les reproducteurs de certaines races, il est judicieux de pratiquer une électrorétinographie (ERG) permettant de détecter une anomalie de fonctionnement rétinien, alors que les symptômes surviendront dans plusieurs années. Le vétérinaire et l'éleveur peuvent ainsi, par la confrontation des examens et des pedigrees, écarter de la reproduction des animaux "porteurs" d'une maladie à composante génétique. Pour les adultes, l'examen régulier permet un diagnostique précoce et un traitement plus efficace. Katia Attali-Soussay , Vétérinaire.
Ce super prédateur est apparu il y a environ 2 millions d'années, on le classe dans le genre Canis avec le coyote, le chacal, le chien domestique ou sauvage. Il comprend environ 35 sous espèces réparties dans les contrées les plus extrêmes de la péninsule d'Arabie jusqu'au désert arctique. Actuellement les populations les plus importantes se trouvent en Asie du Nord (Sibérie) et en Amérique du Nord (Alaska, Canada). Son aspect est celle d'un grand chien de berger avec un pelage variable, le plus commun est gris fauve mais il peut être gris, roux, fauve, brun, noir ou blanc (loup arctique). Les oreilles sont droites et triangulaires, les yeux obliques avec un iris jaune fauve, la tête est entourée d'une collerette de longs poils et il a une sorte de crinière érectile sur le dos. La queue est touffue avec de long poiles. Sa mâchoire est forte avec une carnassière inférieure toujours plus importante que celle de n'importe quelle race de chiens, y compris les gros molossoïdes. Le poitrail est étroit, les membres antérieurs sont des coudes tournés vers l'intérieur et les pattes tournées vers l'extérieur, son allure est ample, souple et rasante, économique, en général il pose le pied postérieur dans la trace laissée par le pied antérieur. En pleine course il peut courir à environ 60 km/h, mais sur de courtes distances. Sa taille peut aller de 50 à 90 cm au garrot pour un poids moyen entre 25 et 60 kg, certains sujets dépassent ces normes, comme ce loup des Carpates abattu en 1942 qui pesait 96 kg. C'est avant tout un animal de meute avec une vie sociale très riche, le clan est constitué de 5 à 20 individus qui s'associent pour mieux survivre. Les loups solitaires sont rares, en général il s'agit de sujets rejetés par la meute, âgés ou handicapés fortement (blessure, usure des dents), en période de disette ils se contentent de suivre la meute à distance, lorsque celle-ci a fini de se nourrir et est repartie, ils viennent finir les restes. La meute est composée d'un couple de dominants, seule la femelle alpha peur procréer, les autres femelles ont un oestrus incomplet : elles ont du lait mais ne peuvent reproduire, ce qui permet éventuellement d'avoir des nourrices pour les louveteaux dominants. Les liens sociaux du groupe sont très importants, ils sont entretenus par la chasse et la défense collective, par des séances d'épouillage symbolique, par des jeux communs. La maturité sexuelle n'existe que vers l'âge de 2 ans, la plupart des louves étant en chaleur vers janvier ou février, elles n'ont qu'un seul oestrus par an. La mise-bas va se faire dans une tanière, on dit aussi "liteau" ou "chaudière", qui est abritée sous terre et en partie cachée (racines, taillis, blocs de pierre), si possible près d'un point d'eau. Il peut s'agir d'un terrier de blaireau, réaménagé pour la circonstance. La mère va mettre au monde en moyenne 3 à 6 louveteaux, d'un poids de 400 g environ, ils atteindront 5 kg à 2 mois. La mère sera nourrie par le clan pendant 2 semaines, son seul rôle est d'allaiter et de soigner les petits, vers 3 semaines elle accepte que les autres s'approchent, on peut voir d'autres louves la seconder pour l'alimentation des louveteaux. Vers l'âge de 3 semaines, les adultes, parents ou membres de la meute, commencent à régurgiter de la nourriture prédigérée pour débuter le sevrage. Jusqu'à 2 ans environ, les petits seront pris en charge pour les initier au langage social, à la hiérarchie, aux techniques de chasse dans le biotope, à l'évitement des prédateurs, etc. Le taux de mortalité est très important jusqu'à l'âge de 6 mois (55 %), après 6 mois et jusqu'à 22 mois (45 %), à l'âge adulte il sera d'environ 20 % par an. Il ne faut pas oublier que l'espèce Canis Lupus est menacée d'extinction et que la convention de Berne du 19 septembre 1979, le protège et indemnise les éventuels dégâts commis sur les troupeaux quelques loups sont fait leur entrée en France et aussitôt on les accuse de décimer les brebis, ce qui est fort improbable selon les techniques de prédation que l'on nous montre la plupart du temps (plutôt chiens errants ou mascarades pour toucher la prime !). Si le loup revient, réjouissons-nous plutôt, chasseurs vous aurez du gibier sain car les tarés seront éliminés, agriculteurs les nuisibles qui s'en prennent aux cultures vont être régulés, amateurs de la nature vous aurez une bête exceptionnelle à observer, commerçants vous verrez affluer les visiteurs dans des villages souvent en voie d'extinctions... C'est du moins ce que nous apprennent les expériences de réintroduction amenées ailleurs, comme le Parc de Yellowstone aux Etats-Unis. Contactez Joseph ORTEGA , éthologue et spécialiste de l'éducation canine, à l'adresse suivante pour vous procurer son dernier ouvrage "Le guide de l'éducation à l'usage des éducateurs et des maîtres". Entosque, 81800 LOUPIAC Tél. : 05.63.33.59.51
Dans le précédent article nous avions parlé de la sélection des géniteurs et nous en étions restés aux préalables de la saillie. Actuellement, l'école possède 12 lices et 4 mâles reproducteurs mais la plupart du temps nous prenons des mâles de l'extérieur ayant déjà fait leurs preuves. Comme vous le savez les chaleurs d'une chienne se composent de deux phases appelées " pro-oestrus" et oestrus" qui durent environ trois semaines. C'est durant la deuxième semaine que la chienne peut être fécondée. C'est d'ailleurs durant celle-ci qu'elle accepte bien volontiers les avances et l'accouplement. Afin de déterminer le moment où commence l'oestrus (ovulation) nous faisons suivre la chienne par le département spécialisé de l'E.N.V. de Maisons-Alfort. Celui-ci effectue un frottis vaginal et un dosage de progestérone et nous avertit du moment opportun. Pour information, le taux doit être supérieur à 10 nanogrammes par millilitre. C'est à partir de cet instant que nous mettons la femelle et le mêle ensemble dans un endroit calme et suffisamment grand afin que les préliminaires avant l'acte final se déroulent dans de bonnes conditions. S'ils arrivent à s'arranger entre eux, nous les laissons faire. Deux attitudes sont possibles :
Cette intervention a lieu à l'E.N.V. d'Alfort ou chez le vétérinaire équipé. Elle sera répétée 48 heures après. A partir de cette date, nous devrons attendre environ 4 semaines pour savoir si la chienne a été fécondée. Nous entrerons dans une nouvelle étape appelée la gestation.
Dans le précédent bulletin, nous avions présenté globalement la place des familles d'accueil dans notre école. Nous allons à présent établir les différents thèmes qui seront abordés dans les prochains numéros :
Malgré toutes les précautions que nous prenons, il n'est jamais facile de choisir le chiot que nous allons confier à la famille d'accueil. En effet à chaque chiot correspond théoriquement une famille. Aussi, il est important de toujours préciser que nous pouvons nous "tromper" dans les attributions et nous devons ainsi conserver la possibilité de faire des changements. Mais rappelons que cette opération ne se produit que très rarement. En général, nous remettons tous les chiots d'une portée en même temps sauf cas particulier quand il s'agit d'une famille expérimentée. Le fait d'agir de la sorte nous permet de suivre l'homogénéité de la portée, de créer une certaine émulation au sein des familles d'accueil ainsi qu'une sympathique coopération notamment lorsqu'une d'entre elle doit se séparer provisoirement de son chiot. Au cours de la première rencontre, nous insistons pour que toute la famille soit présente. Ce sont des moments intéressants qui nous permettent d'observer le comportement de chaque membre de la famille avec le chiot, de rappeler le but de leur démarche et la place du chiot au sein de sa nouvelle meute. Cette première rencontre qui sera essentielle, donne lieur à un grand nombre d'explications et de matériel. Pour certains, ce sera la première fois qu'un chiot rentrera dans leur maison. Il s'agit donc de ne pas rater cet événement. Toutes les explications donnent lieur à des démonstrations quant cela est possible et à une remise de documents sélectionnés qu'elles pourront consulter chez elles.
ou quand l'homme se met au rang du chien Avant que nous n'abordions dans les prochains numéros les différentes méthodes d'éducation et les capacités du chien guide, il nous semble indispensable de rappeler ce qu'est un chien et ce que nous devons connaître et faire pour que s'établisse la meilleure relation possible entre l'équipe "éducateur/chien". L'éducateur est un professionnel, il connaît les principaux canaux de communication accessibles aux chiens et leur importance (Olfactif, visuel, auditif, tactil) ainsi que les méthodes d'apprentissage les plus adaptées (ex : par essai-erreur, par extension ou généralisation) et les lois qui s'y rapportent telle que la loi de l'effet... Il utilise les trois principaux mécanismes d'apprentissage :
Peut être ressentirez vous ce sentiment tout au long de cet article ainsi que des prochains. Lorsqu'un éducateur va prendre contact pour la première fois avec son nouvel élève, il doit tout d'abord lire la fiche d'évaluation établie parle responsable des familles d'accueil. Ensuite, vient le moment de la prise de contact. Généralement, c'est par une détente dans le bois que celle-ci s'effectue. Le chien doit immédiatement sentir que son nouveau maître est sûr de lui, qu'il a des attitudes homogènes et claires. La non-ambiguïté, la répétition, la précision des codes émis par l'éducateur définissent la place hiérarchique et structurante que dorénavant le chien occupera, à savoir : celle d'un collaborateur soumis, mais bien dans sa peau. L'éducateur observateur, attentif, stimulateur, ne quittera pas un seul instant des yeux son nouveau protégé. Sa première interrogation sera la suivante : quel est le degré de coopération naturelle du chien ? Les autres questions viendront par la suite, dans d'autres circonstances. L'éducateur a de solides connaissances théoriques, bien entendu celles-ci sont insuffisantes, il lui faut être un bon pédagogue expérimenté ou être guidé par un ancien éducateur pour que son élève exprime ce qu'il a de mieux. Il doit permettre au chien d'effectuer ce que l'on appelle une démarche personnelle ou si vous préférez individuelle. L'éducateur doit pour cela mettre en place des exercices PROGRESSIFS et accessibles à l'élève chien. C'est à ces deux conditions que les deux acteurs seront satisfaits :
L'OBSERVATION, LA REFLEXION, LA DÉSIGNATION D'UN OBJECTIF C'est le moment de la désignation de l'objectif et de la mise en place de la progression qui doivent nous conduire au but à atteindre et aux conditions environnementales de son application. MISE EN SCÈNE ADAPTÉE AU NIVEAU DE L'ÉLÈVE Pour qu'un chien réalise un exercice, l'éducateur doit s'assurer que quatre conditions soient réunies :
RÉALISATION DE L'ACTE ET DÉMARCHE INDIVIDUELLE DU CHIEN Il faut que le chien ait envie et qu'il trouve toujours du plaisir à coopérer. Il sait qu'il peut toujours compter sur son maître qui ne le leurrera jamais, parce qu'une valeur fondamentale appelée CONFIANCE les unis. Durant la réalisation de l'acte, le chien sera, si nécessaire, encouragé et soutenu par la voix, le corps, le geste. Nous devons être patients et ne pas sous-estimer ses capacités. La motivation d'un bon chien guide au travail doit être pondérée. Pour qu'un exercice soit transportable dans un maximum de lieux différents, le chien doit avoir de bonnes capacités de concentration et de discrimination. Le nombre de fois que l'on répète un exercice est très importante. Notre expérience nous indique une moyenne de cinq fois, au-delà du chiffre sept, nous devons arrêter et revoir notre progression; Nous devons être très attentifs au seuil de saturation que le chien sait nous indiquer et qu'il faut éviter d'atteindre. Nous devons donner au chien des moments de repos bien mérité après chaque exercice. ÉVALUTATION Cette phase est celle durant laquelle l'éducation peut humblement éprouver une certaine satisfaction ou alors celle de la remise en question. Dans les deux cas elle nous renvoie à la réflexion et à la désignation d'un nouvel objectif.
Il existe plusieurs types de glaucomes congénitaux, les uns primitifs dysgénésiques par anomalies de développement de l'angle irido-cornéen, infantile ou juvénile, les autres, secondaires à une anomalie de développement associée oculaire ou somatique. 1. Le glaucome congénital primitif INFANTIL ou buphtalmie : mégalocornée, larmoiement, photophobie, blépharospasme doivent inquiéter dès la naissance et conduire à un examen sous anesthésie générale (TO et angle irido-cornéen...). Affection grave rare bilatérale dans 80 % des cas, héréditaire et qui aboutit, sans traitement, à la buphtalmie avec cécité. Le pronostic grave impose, en urgence, une chirurgie parfois nécessairement répétitive et un suivi régulier à vie. JUVENIL : grave mais de diagnostic plus tardif, de développement insidieux. Souvent reconnu à l'occasion d'un examen banal pour fatigue visuelle avec découverte d'une papille optique excavée et d'un champ visuel modifié, éventuellement d'une tension oculaire élevée (examen systématique dicté par les antécédents familiaux). Le traitement est fait par collyres hypotenseurs ou chirurgie si nécessaire et suivi très régulièrement (TO, CV et FO). Le pronostic visuel est également grave. 2. Les glaucomes par anomalies de développement associés oculaires ou somatiques sont liés à des syndromes de types Axenfeld (Peter, aniridie, ectropion congénital de l'uvée...) ou Lowe (Marfan, Weill, mucopolysaccharidoses...), les glaucomes secondaires (rubéole, inflammations, tumeurs, traumatismes...). HÉRÉDITE : la transmission génétique du glaucome primitif est généralement récessive, par contre, certaines dysgénésies associées peuvent répondre à une anomalie chromosomique ou être autosomique dominante. Il convient donc de demander un conseil d'un généticien professionnel. Dr BOT ESCLUSE M.J.
La consultation psychologique à l'EGCA a pour but de mettre en évidence le caractère de la personne qui demande un chien et de faire ressortir ses affinités avec l'adoption d'un animal dans son milieu pour permettre aux éducateurs de tenter l'équation : le meilleur chien possible pour la meilleure personne. L'introduction d'un animal dans notre habitat modifie la dynamique des personnes, en change l'équilibre, fait jouer d'autres scénarios dans nos comportements amoureux, amicaux, parentaux et la réflexion psychologique est à ce sujet bien utile. Il faut aussi saisir le bon moment pour introduire le chien, évaluer la situation, apprécier la disponibilité, développer l'autorité, exercer la mémoire... se réveiller car bien souvent la cécité acquise ou la mal-voyance nous ont mis dans un noir profond associant l'oeil et le coeur , l'oeil et la raison ; la cécité innée sait trop voisiner avec l'habitude et le chien est source de surprises même s'il va trouver son équilibre dans des habitudes. LES TEMPS FORTS : premier entretien, choix du chien, stage, remise, suivi, retraite. LES REPERES CANINS : repas, besoins, ordres, détente, travail, nuit, jeux. LES ACQUIS TECHNIQUES : repérages auditifs, spatiaux, locomoteurs. Les variations d'humeur, les grands sentiments allant de l'exaltation à la dépression, voilà ce dont il est question en psychologie. Au fond il s'agit de notre être, le chien nous apporte un suppléments d'âme ; honorons-le en réfléchissant avec les professionnels de l 'ECGA. La psychologie n'est pas sanction ; elle est le lit à préparer dans le duo maître-chien. Le chien humanise le handicap ; il dilue la cécité et la mal-voyance mais son maître doit le connaître et l'aimer, le respecter et le faire travailler ; Derrière ce chien gratuit, il y a tout le travail des hommes, des femmes e des animaux, il est gratuit car il n'a pas de prix ! Le chien humanise l'homme, l'animal le porte à aimer. P. VINCELET
La locomotion, prise en charge ayant pour objectif l'autonomie de déplacement de la personne déficiente visuelle, va développer différents modes sensoriels et facultés mentales permettant la mise en place de technique de compensation. L'audition constitue un sens prépondérant dans le déplacement de la personne non-voyante ; nous évoquerons ci-dessous les grands axes de la démarche de rééducation qui aboutissent aux traversées de rues, situations spectaculaires, car mettant en jeu la sécurité du sujet. L'audition est le sens qui permet une connaissance de l'environnement à distance à l'inverse du toucher et du sens podotactile. Ce sens va être développé en rééducation pour une meilleure localisation et identification de la source sonore. De même, il est nécessaire de pouvoir effectuer la sélection des éléments perçus. En effet, certains ne sont pas utiles au déplacement et ne doivent par parasiter l'analyse de ceux qui pourraient l'être. Cette analyse auditive très précise va permettre à la personne non-voyante de se faire une image mentale de l'environnement urbain par le passage des véhicules. Ainsi le sujet va pouvoir représenter l'axe d'une rue, la forme d'un carrefour et sa régulation. La traversée de rue, notamment le moment de celle-ci, ne constitue que la phase finale de l'analyse auditive. Il faut savoir qu'il existe plusieurs types de techniques de traversées, définies en fonction de la configuration et régulation des carrefours, (feux rouges, stop, etc...). Ce travail auditif va être étroitement associé à l'orientation corporelle du sujet. La capacité de s'orienter corporellement très précisément par rapport aux sons est capitale pour se représenter correctement l'espace. EXEMPLES :
Le rôle de l'Instructeur de Locomotion consiste à proposer des situations qui vont permettre la mise en place progressive des méthodes d'analyses auditives. L'objectif étant qu'elles deviennent automatiques dans la mesure du possible (Exemple : prendre son axe auditif sur un trottoir). La personne déficiente visuelle doit avoir confiance en son audition afin de se situer dans l'espace, sans nécessairement utiliser des repères tactiles. Pour l'utilisateur d'un chien-guide, il est nécessaire d'avoir acquis cette analyse auditive pour plusieurs raisons :
Ph. AYMOND
Encore assez peu connue, la pratique orthoptique n'est cependant pas récente puisqu'elle a débuté vers 1925 en Angleterre avec Marie MADDOX en parallèle avec l'Allemagne et les USA. Ses techniques furent rapportées en France peu après la seconde guerre mondiale. L'orthoptie est une discipline paramédicale qui agit dans le domaine de la vision : dépistage, rééducation, réadaptation. Elle intervient à tous âges (du nourrisson à la personne âgée). En effet, au début de sa vie, le bébé est attiré par tout ce qu'il l'entoure. L'adulte se fatigue devant un écran informatique. La personne âgée, face à la difficulté visuelle qui apparaît, nécessite une adaptation particulières. La rééducation orthoptique joue sur plusieurs domaines qui peuvent être partagés en trois groupes :
L'orthoptiste va également servir de coordinateur avec l'ensemble de l'équipe et va permettre à chacun de concourir à la réalisation du projet dans les domaines qui leurs sont propres. Ainsi, elle indiquera les possibilités visuelles de chacun des patients qu'elle aura vu afin de permettre à l'ensemble de l'équipe une approche plus complète.
L'étude des demandes de Chiens Guides va permettre aux éducateurs de définir les besoins du futur maître aveugle ou malvoyant. C'est en fonction de trois critères que nous chercherons le type de chien correspondant le mieux aux besoins de chacun.
Comme l'illustre la photo ci-jointe, la morphologie du chien doit être en adéquation avec celle de son maître. Leur hauteur, leur corpulence, leur puissance physique et la longueur de leurs enjambées seront en harmonie pour le confort et la sécurité de chacun. Chaque individu a une vitesse de déplacement qui lui est propre et qu'il est important de respecter. Parallèlement certains chiens sont lents et d'autres rapides. LES CRITÈRES DE CARACTÈRES, LA BASE D'UNE BONNE RELATION Nous avons tous une relation au chien qui nous est propre et exclusive. Les essais de chien doivent mettre en évidence l'impact naturel que la personne aveugle ou malvoyante a sur les chiens. Elle prend en compte son tempérament, son assurance et son seuil de tolérance. Est-elle exigeante, ou laxiste avec son chien ? A partir de cette évaluation nous pourrons lui présenter des chiens souples, soumis, ou sûrs d'eux, voire plus difficiles. Un chien timide et soumis peut facilement être inhibé par un maître trop imposant pour lui et sera alors incapable de la moindre initiative. Dans le cas inverse un chien dominant et sûr de lui profitera du manque d'autorité du maître. Par exemple que se passera-t-il quand le maître voudra aller à la banque alors que son chien préférera aller à la boucherie ? A nous de rechercher la plus belle adéquation et la relation la plus naturelle. LES CRITÈRES D'ENVIRONNEMENT Certains chiens ont besoin d'horaires et de trajets routiniers, alors que d'autres seront demandeurs de nouveautés et de difficultés. Parallèlement les personnes aveugles ou malvoyantes ont chacune leur style et rythme de vie. Une personne fatigable qui effectue une petite sorite le matin et une balade au parc les après-midis n'aura évidemment pas le même chien qu'un jeune dynamique courant dans tout Paris et n'oubliant pas son jogging le dimanche. LE LIEU DE VIE Il y a certains lieux que les chiens aiment plus que d'autres. Prenons l'exemple des bus. Orus, golden retriever adore rechercher et monter dans les bus. Prima quant à elle ne le fera que parce qu'elle l'a appris et que "vraiment il faut le faire". Dominique pour aller travailler chaque jour emprunte deux bus puis le métro et encore le bus. Un chien comme Prima ne conviendrait pas à la vie de Dominique et inversement. Nous devons en tenir compte dans les choix des chiens. Peut-on comparer la vie en pleine campagne et la vie au centre de Paris ? Certains chiens ne pourront pas faire abstraction des oiseaux, des animaux et des espaces verts et se concentrer sur leur travail leur demandera un effort proche de la frustration. D'autres au contraire, très à l'aise à la campagne seront rapidement saturés par la vie et le stress parisien. Nous devons aussi prendre en compte l'environnement familial. La personne aveugle ou malvoyante vivra-t-elle seule 24 heures sur 24 avec et pour son chien ou ses intérêts seront-ils partagés avec des enfants, un conjoint ou d'autres animaux, etc... Ces données sont l'aboutissement du bien être de chaque chien et de chaque maître. CONCLUSION Tous ces critères ne sont que des bases, des données fixées à un moment précis de la vie du maître. Quel changement l'arrivée du chien guide induira-t-elle ? Et dans trois ans, dans cinq ans, qu'est-ce qui aura changé ? Nous ne pouvons que faire des suppositions tous ensemble mais il est vrai que le choix d'un chien plutôt qu'un autre est un pari sur l'avenir, un pari sur dix ans de vie commune.
Philippe BALIN, un homme d'affaires pressé et guidé. A 47 ans, Philippe BALIN, jeune père de famille, non-voyant depuis l'âge de 14 ans, est vice-président d'une société de télécommunication aéronautique. Il n'est pas vraiment homme à se raconter. Philippe BALIN préfère laisser ça aux autres. Mais parlez-lui de Iago et son visage s'illumine. "Plus qu'un compagnon, c'est une aide puissante, un ami dans la vie, mon adjoint au travail, il vit à mon rythme, comprend mes attentes, mes stress et mes joies", déclare-t-il. Couché sur un tapis dans un coin du bureau, le labrador doré ouvre un oeil , dresse l'oreille puis soupire. Sans doute a-t-il compris qu'il est au coeur de la discussion. La vie de chien, Iago ne sait pas à quoi cela peut ressembler. Il a dormi dans les palaces les plus luxueux de la planète, fréquenté les meilleures tables et parcouru le monde entier. De Singapour à Tokyo, en passant par Paris, New York, Londres et Sydney, lui et son maître ont effectué jusqu'à 400 000 kilomètres par an en avion. Pas un aéroport, pas une compagnie aérienne qu'ils connaissent. A vie exceptionnelle, traitement d'exception. Iago peut se vanter d'être "le seul chien super-sonique au monde". A trois reprises, il a pris Concorde avec Air France et goûte au plaisir de traverser l'Atlantique à Mach 2 en moins de 4 heures. Même les chiens de stars n'ont jamais eu cette chance. Iago a fait des jaloux. Dans le passé, ses privilèges lui ont valu quelques histoires sur lesquelles Philippe BALIN ne souhaite pas trop s'étendre. Avec Iago, réponse à tout. Normalement, dans les avions, les chiens voyagent en soute, pas en cabine, encore moins en classe affaires ou en première. Mais Iago, n'est pas un chien ordinaire. Il sort de l'école des chiens-guides de Paris. Depuis huit ans, le labrador a remplacé les yeux de Philippe BALIN. "Il fait partie de mon schéma corporel, déclare l'homme d'affaires. Avec Iago, j'ai retrouvé le plaisir d'être pressé, de me faufiler et de téléphoner en marchant". La formation de Iago a duré dix-huit mois. A Paris, il a apprsi une quarantaine de mots. Des mots qu'il sait aujourd'hui associer à des situations bien précises. Par la force des choses, l'univers du labrador est devenu aéronautique et aéroportuaires. En sortant d'un avion, par exemple, Iago a compris qu'il fallait suivre le plus gros flot de voyageurs. Il sait aussi qu'en montant à bord, il faut s'installer sous le siège et attendre la fin de l'embarquement. Aujourd'hui, grâce à Iago, Philippe BALIN voyage comme un homme d'affaires presque comme les autres. "La non-voyance est un handicap, mais pas une inadaptation à un environnement. A tout problèmes, il existe une solution, j'ai trouvé la mienne". Son opiniâtreté lui a valu sa réussite professionnelle. "J'ai exploité cette différence comme un atout. On a naturellement tendance à me faire confiance, à m'écouter. Face à un non-voyant, on perd ses repères, en négociation, cela peut devenir un avantage". Selon Philippe BALIN, la seule véritable difficulté pour un non-voyant, ce sont les endroits accessibles uniquement en voiture. "S'il arrive parfois qu'un chauffeur de taxi vous refuse une course à cause de la présence du chien, en revanche, en avion, cela n'arrive que très rarement". Il y a des textes et des lois. Les compagnies membres de l'Association du transport aérien international (Iata) ont obligation de prendre les chiens-guides à bord. Au cas par cas, les problèmes viennent plus d'une méconnaissance des textes et parfois de l'attitude zélée de quelques très rares commandants de bord. "Mon chien bosse, il a un métier, on lui manque souvent de respect par rapport à sa fonction". Lorsqu'il évoque l'une des ses mésaventures lors d'une escale à Genève-Cointrin il y a quelques années, Philippe BALIN esquisse un léger sourire. Le commandant de bord ne voulait pas que son chien monte dans l'avion."Il en rajoutait par bêtise, les passagers ont protesté. Au final, on se demandait qui, du chien ou du pilote, on allait débarquer"! Et puis il y a aussi les situations inverses parfois cocasses, comme ce vol sur la compagnie Singopor Airlines où l'équipage s'est excusé, confus de ne pas avoir trouvé un tapis pour le fessier du toutou. L'hospitalité asiatique. "Un chien s'adapte à tout, y compris au long courrier, ajoute Philippe BALIN. Il peut rester sans manger pendant plusieurs journées". Et pour le reste... Il suffit de ne pas trop le nourrir. Iago possède son propre passeport, une puce électronique intégrée sous la peau. Elle a l'avantage de ne pas gratter et permet aux services des douanes de connaître en quelques instants l'identité et la provenance de l'animal. Pendant longtemps, Philippe VALIN n'a pu voyager dans des pays comme l'Angleterre où les animaux étaient assujettis à la quarantaine. Puis les frontières sont tombées les unes après les autres. Aujourd'hui, à l'exception de l'Australie, de quelques îles asiatiques et une partie de l'Afrique, Iago peut suivre sont maître dans le monde entier. De son labrador, Philippe BALIN est fier. Egalement passionné de canoë, (il fait de la compétition à haut niveau), d'escalade et de Jazz, Philippe BALIN a crée son propre groupe. En hommage au labrador, il l'a tout naturellement appelé le "Iago Jazz Band". Frédéric BENIADA (Repris dans "Védéa" de mars 2002 avec l'aimable autorisation de la rédaction)
La détente a lieu les mardis et jeudis après-midi. Mise en place par l'équipe des éducateurs de l'école il y a environ un an et demi, elle a pour vut de permettre aux chiens de se défouler, d'éliminer le trop plein d'énergie et surtout de stress accumulé penjdant leur travail. Mais au-delà de ce pint, c'est aussi une occasion donnée aux déficients visuels de rencontrer des bénévoles, qui sont aussi bien des retraités que des personnes actives (quand leur emploi du temps le leur permet), ces derniers étant réunis par le désir de rendre service. Alors tout commence par le rendez-vous fixé à 14 h dans le hall de l'école, dans une ambiance amicale. Le départ s'effectue aux environs de 14 h 10. Il peut s'apparenter à celui d'une course de Formule 1 car, même si les chiens sont tenus en laisse, ils sont tous excités à l'idée de pouvoir s'amuser. Sans doute doivent-il se dire : "Ah, chouette, le terrain de jeu est tout proche !". Une fois dans les bois de Vincennes, les chiens sont lâchés et là, ils goûtent au plaisir de pouvoir gambader dans les herbes ou de plonger dans les cours d'eau. Bref, au plaisir d'être avec leurs congénères tout simplement. C'est aussi à ce moment que commencent réellement les discussions entre les participants, les bénévoles gardant toujours un oeil sur les chiens. La détente dure environ 2 heures. Au retour de la balade, c'est direction la douche. Tous les chiens doivent y passer. Généralement lavés par les bénévoles, les maîtres peuvent aussi y participer. C'est aussi l'occasion pour eux de se renseigner sur l'état de santé de leur chien. En résumé, les chiens réunissent autour d'eux des personnes qui s'accordent tous à dire que : "la détente, c'est aussi bien un plaisir pour les yeux que pour les oreilles", mais avant tout pour le coeur puisque ce sont des moments de rencontres pour les uns, de retrouvailles pour les autres. Alors si cela vous tente, n'hésiter pas à contacter l'école des chiens-guides d'aveugles de Paris et de la région Parisienne. Vous serez toujours les bienvenus !
Lors de la création de l'Ecole de Chiens Guides d'Aveugles de Paris et de la Région Parisienne, les crédits pour la construction étant trouvés, il restait à assurer le fonctionnement. Monsieur ROMERO souhaitait que soient formés deux éducateurs. Il fallait trouver les fonds pour les salaires et les cotisations afférant à ces salaires. C'est à cette période que l'Association Nationale "LES CHIENS GUIDES D'AVEUGLES" s'est proposée pour assurer ce financement. Le Président de cette association, Jacques BOUNIOL, qui avait suivi l'évolution du dossier, après accord du Conseil d'administration de ladite Association, s'est engagé à financer pendant trois ans les frais de formation des deux premiers éducateurs. C'est le début de l'aide des Clubs LION à l'école de Paris. En effet, l'Association Nationale "LES CHIENS GUIDES D'AVEUGLES" créée par des LIONS est la courroie de transmission entre les clubs LIONS et les Ecoles affiliées à la FNECFA (Fédération Nationale des Ecoles de Chiens Guides d'Aveugles). Dès que l'Ecole de Paris a commencé à remettre des chiens aux aveugles ou malvoyants, les Clubs LIONS ont apporté leur aide financière en "parrainant" tout ou partie les chiens remis. Nous pouvons témoigner, chiffres à l'appui, que plus de 150 chiens ont été "parrainés" par les Clubs LIONS. Certains à notre connaissance ont à eux seuls dépassé largement les 10 chiens. L'action des Clubs LIONS est la même auprès des autres Ecoles affiliées à la FNECGA. Les Conseil d'administration de certaines Ecoles sont composés uniquement de membres de divers Clubs LIONS. Et ceci pas uniquement en France : aux Etats-Unis des Ecoles ont été créées et sont administrées par des LIONS. On ne remerciera jamais assez les Clubs Services : LIONS CLUB, ROTARY CLUB, KIWANIS, SOROPTIMISTE, YWARNING pour l'aide efficace qu'ils apportent aux Ecoles de Chiens guides d'Aveugles en général et à l'Ecole de Paris en particulier. J. BOUNIOL |
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