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Détermination et motivation: comment Corine, future éducatrice, a rejoint l'équipe.



Il y a maintenant deux ans que j'ai connu l'école des chiens guides d'aveugles de Paris. J'étais à l'époque en formation pour devenir assistante vétérinaire. Lors de cette formation, j'ai assisté à un cours sur les chiens d'utilité. J'ai été particulièrement intéressée par les chiens guides d'aveugles. C'est pourquoi je décidais d'envoyer une lettre de candidature à l'école de Paris pour apporter mon aide bénévolement le week-end. Je voulais en savoir plus sur les chiens guides...

J'ai été contactée par Mr. Romero, directeur de l'école, pour commencer le plus rapidement possible. Ils avaient besoin d'aide pour s'occuper des chiens le week-end. Effectivement, il y avait de quoi faire : nettoyage des box, détente des chiens, les nourrir, faire les soins pour les chiens en traitement... C'est d'ailleurs la partie que je préférais : je pouvais mettre à profit ce que l'on m'apprenait aux cours d'assistante vétérinaire ! Chaque week-end je découvrais un peu plus les chiens, leur comportement et comment me comporter avec eux. Ainsi je découvrais le travail colossal des éducateurs de chiens guides.
Petit à petit je me suis fait ma place de bénévole, je ne manquais jamais un dimanche. Plus le temps passait, plus je voulais m'investir dans l'école.

J'ai obtenu mon diplôme d'assistante vétérinaire en janvier 2006 ; bien que j'aimais beaucoup ce métier, je décidais de postuler à l'école des chiens guides d'aveugles. Malheureusement aucun poste n'était alors à pourvoir.
Du coup j'ai profité de ce temps libre pour aller en Australie, mais sans perdre le contact avec l'école. Et dès mon retour, deux mois plus tard, je postulais de nouveau à l'école car j'avais appris qu'elle recrutait. Mais encore une fois ça n'a pas marché : mon profil ne correspondait pas à ce que Mr Romero recherchait à ce moment là.

Mais peu importe, il en fallait plus pour me décourager. J'ai donc continué le bénévolat tout en recherchant un travail d'assistante vétérinaire.
Ayant trouvé un poste à Saint-Tropez et sachant que cette expérience pouvait beaucoup m'apporter j'ai mis entre parenthèse le bénévolat à l'école des chiens guides de Paris. Mais je partais pour mieux revenir...
Même loin de l'école je restais en contact ; et chaque week-end où je revenais je passais toujours donner un coup de main ! C'est ainsi que j'ai appris que des postes se libéraient ; alors sans hésiter je suis remontée sur Paris afin de rencontrer Mr. Romero et lui parler d'un éventuel poste d'éducatrice. Cette fois-ci ce fut la bonne !
J'ai donc démissionné de mon poste à Saint-Tropez pour commencer une nouvelle aventure au sein de l'école des chiens guides.

J'ai commencé le 30 octobre dernier comme aide éducatrice. Patiemment je suis arrivée à obtenir ce poste et patiemment je découvrirai toutes les facettes de ce beau métier...

CORINE

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La volonté d'une démarche éthique professionnelle de qualité



Préalablement je trouve que ces trois mots : éthique, professionnelle et qualité vont particulièrement bien ensemble quand ils définissent le cadre dans lequel nous travaillons chaque jour à l'école.

En effet l'école est un lieu d'accueil, d'enseignement, de rééducation et d'engagement dans lequel chacun doit s'interroger sur le sens à donner à ce qu'il entreprend, où chaque mot peut avoir de l'importance. Combien de fois ai-je entendu les personnes déficientes visuelles me dire : « je me souviens, il y a vingt ans, vous me disiez déjà... », où chaque action peut être décisive pour encourager, valoriser ou son contraire.

C'est aussi un lieu pas tout à fait comme les autres, on y croise des professionnels d'horizons différents, des personnes déficientes visuelles, des bénévoles, des chiens de diverses races.

Chacun se trouve là pour une raison et un temps précis. Pour certains leur présence peut-être ponctuelle, éphémère, pour d'autres c'est le début d'un cheminement parfois fragilisant durant lequel ils doivent se sentir libres, soutenus et au bout duquel des remaniements inattendus et positifs vont probablement se produire.

Le bref contenu de cet article est de permettre à tous nos sympathisants et futurs sympathisants d'appréhender, même superficiellement, dans quel état d'esprit nous travaillons et de souligner la méticulosité, la circonspection et les obligations inhérentes à notre action. Nous ne prendrons que deux exemples : celui de l'éducateur et plus globalement celui de l'Ecole.

L'éducateur est une personne que j'aime qualifier de probe qui ne peut travailler que dans un climat de confiance.

Au sein de l'Ecole son action est centrale. Il a un double rôle auprès des chiens et des hommes. Il doit prioritairement appliquer les règles fondamentales de tous rapports éducatifs respectueux de son interlocuteur. Il doit être capable de prendre des initiatives mais aussi de dire : « je ne sais pas, je vais me renseigner ». Il ne peut être qu'avide de connaissance et emprunt d'humilité voire de pudeur. Il a conscience de l'absolue nécessité du travail d'équipe et de l'interdépendance de chacun. Il est tellement soucieux du bien être des chiens qu'il le communique naturellement. L'attachement qu'il leur porte le conduit à obtenir de son élève les meilleurs résultats techniques.

Malgré tout, l'Educateur a toujours un sentiment d'insatisfaction qui doit être converti en motivation pour aller chaque jour un peu plus loin.

L'efficience technique de l'école dépend de plusieurs critères :
  • De la compréhension commune et de l'acquiescement de l'ensemble du personnel sur le bien fondé de notre action. Si théoriquement c'est une évidence, il faut que pratiquement chaque secteur d'activité bénéficie de protocoles d'analyses de ses pratiques
  • Des compétences de chacun et des moyens mis en place pour les appliquer, les rendre globalement accessibles aux autres membres de l'équipe et de les faire évoluer.
  • De l'élaboration d'outils permettant d'être dans une écoute actualisée sur le vécu et les attentes des personnes déficientes visuelles pendant l'attente du changement, pendant et après la remise. Sans oublier la période critique de mise à la retraite du chien.
  • Du respect par chaque membre de l'équipe des valeurs communes approuvées dès le premier jour de travail. Citons-en trois : loyauté, discrétion, confidentialité.
  • De la richesse de nos relations interpartenariales entre employeur, professionnels, personnes déficientes visuelles et même bénévoles ainsi qu'interinstitutionnelles qu'il s'agisse des écoles de Chiens Guides pour partager et réfléchir sur nos pratiques, des centres de rééducation fonctionnelle et aussi des associations.


Parce que nous n'en ferons jamais assez pour la personne déficiente visuelle, nous devons formellement assumer nos responsabilités et nous transcender pour honorer notre mission. C'est la raison pour laquelle je pense très sincèrement que l'avenir du chien guide reposera sur une réflexion continue des pratiques actuelles et la mise en place du plus grand nombre possible d'actions communes.

J. ROMERO
Directeur Général de l'École de Chiens Guides de Paris

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